Un pacte contre les balles

Mickaël Penverne

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Une quinzaine d'élus ont répondu à l'invitation du préfet de région.
Une quinzaine d'élus ont répondu à l'invitation du préfet de région. — A.-C. Poujoulat/AFP

Une quinzaine d'élus, de gauche et de droite, ont répondu samedi à l'appel du préfet de région, Michel Cadot, pour lancer le «pacte pour la sécurité et la cohésion sociale» voulu par Manuel Valls, ministre de l'Intérieur. Cette mobilisation exceptionnelle est intervenue 48 heures après les deux assassinats survenus jeudi à La Ciotat puis à Marseille, où est décédé Adrien Anigo.

Cohésion sociale


Lors de cette réunion, les élus ont avancé des propositions pour renforcer la sécurité et favoriser l'emploi. Jean-Claude Gaudin a demandé par exemple l'élargissement des zones franches urbaines qu'il avait contribué à créer en 1997. Patrick Mennucci a proposé, de son côté, le doublement des policiers municipaux, alors qu'Eugène Caselli a plaidé pour des «zones socialement prioritaires» où les entreprises bénéficieraient d'une «véritable défiscalisation». Quant à Jean-Noël Guérini, il souhaite généraliser la présence d'agents de «paisibilité» à l'ensemble du parc HLM géré par le conseil général. Toutes ces propositions devraient être débattues lors de prochaines réunions de travail qui associeront élus, représentants de l'État et société civile. Selon Michel Cadot, celles-ci doivent aboutir à la signature du Pacte pour la sécurité et la cohésion sociale. «Un calendrier d'actions pour une mise en œuvre sous trois mois des premières mesures a été convenu, et un premier rendez-vous est prévu dans un mois», précise la préfecture. Pour Marie-Arlette Carlotti, cette première réunion constitue un «vrai tournant» dans la lutte contre l'insécurité. À l'inverse, pour le sénateur Bruno Gilles, qui a boycotté le rendez-vous, elle constitue un «simulacre de concertation». Ce raout n'a débouché, en effet, que sur une seule annonce concrète : le préfet de police a indiqué que des nouveaux renforts policiers allaient arriver d'ici la fin de l'année. Mais sans préciser combien, ni pour quoi faire.

■ Treize morts et neuf affaires élucidées

Selon la préfecture de police, les deux derniers morts par balle portent à 13 le nombre d'individus tués cette année dans le cadre de règlements de compte dans les Bouches-du-Rhône. L'année dernière, à la même époque, il y en avait eu 19. Depuis le début de l'année, la police judiciaire a élucidé 9 affaires de ce type. Sur l'ensemble de l'année 2012, seulement 10 dossiers de règlements de comptes avaient été bouclés.