La production est relancée pendant quelques jours

Amandine Rancoule

— 

Une trentaine de salariés de Fralib à Gemenos conditionnent de la tisane estampillée " Tilleul de Provence".
Une trentaine de salariés de Fralib à Gemenos conditionnent de la tisane estampillée " Tilleul de Provence". — P.Magnine / 20 Minutes

Au cœur de l'usine, des machines ronronnent. Dans l'air flotte un parfum de tilleul. Une trentaine de salariés de Fralib à Gémenos ont repris le travail après trois ans d'arrêt. Mercredi matin, ils conditionnaient 230 kg de tilleul bio achetés, grâce à la caisse de solidarité, à un producteur de la Drôme. Les 100 000 sachets de tisane seront vendus à prix libre pendant la fête de l'Humanité, les 14, 15 et 16 septembre. «Remettre la tenue de travail fait chaud au cœur, estime Marie-Noëlle, entrée en 1972 à Fralib. Aujourd'hui, on prouve que l'on est capable d'aller chercher le produit, même si on n'a pas les mêmes moyens qu'Unilever.» En septembre 2010, le groupe anglo-néerlandais annonçait à ses 182 salariés la fermeture de l'usine. Depuis, une partie des salariés se bat pour conserver leur travail et leur outil de travail cédé en 2012 à la communauté urbaine. «Nous ne sommes pas naïfs, nous n'avons pas réglé le problème avec ces boîtes de tisane, estime Gérard Cazorla, le secrétaire du comité d'entreprise. Pour relancer la filière, il faut qu'Unilever cède des stocks pendant 3 à 5 ans.» Dans le projet de sociétés coopératives et participatives (Scop) des salariés, 1 000 tonnes seraient nécessaires. «Pour nous, la page est tournée, ça ne nous concerne plus, indique-t-on chez Unilever. Et nous ne céderons ni la marque, ni les volumes.» Car les salariés espèrent un retour du géant, poussé par l'Etat, à la table des négociations. «Nous ne sommes pas bornés, on est prêt à tout entendre», estime Olivier Leberquier, délégué CGT. Histoire de voir enfin «la fin du conflit de manière positive».