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Marseille

Lutte au « Comptoir », à la Belle-de-Mai

L'ancienne usine d'allumettes devenue comptoir aux épices puis reconvertie en 1996 en friche culturelle, doit être racheté par Kaufman & Broad

Dans le quartier de la Belle-de-Mai (3e), il y a la friche très connue, et celle qui va être vendue... Le « Comptoir », ancienne usine d'allumettes devenue comptoir aux épices puis reconvertie en 1996 en friche culturelle, doit être racheté par Kaufman & Broad, d'ici à deux mois. Le promoteur projette d'y construire des logements. « On voudrait que la ville rachète le bâtiment », explique Christine Fricker, la chorégraphe de la compagnie « Itinerrances », qui partage les 6 300 m2 du site avec douze autres structures.

Les résidants, opposés au projet à vocation immobilière qui les obligerait à déménager, mettent en avant leur impact sur le quartier : 200 salariés, permanents et intermittents, y réalisent « un chiffre d'affaires de 4,3 millions d'euros », et proposent de nombreuses activités artistiques en direction des habitants. « On n'a pas envie de quitter ce quartier, d'autant que ce sera dur de se reloger compte tenu des prix de l'immobilier aujourd'hui, même pour une friche », indique Christine Fricker. « On le voit avec l'usine Corot [friche culturelle du 13e vendue récemment], il y a une mauvaise conjoncture, souligne la chorégraphe. Pour une ville qui veut être capitale de la culture en 2013, ce n'est pas terrible. » Un rassemblement de soutien est organisé ce soir à 18 h au Comptoir.

L. B.

Estimé à deux millions d'euros, le site nécessite d'importants travaux de toiture. « Mais ce serait un non-sens de le détruire alors que de l'argent public nous a été accordé lors de sa rénovation », notent les résidants.