Le bruit survole encore l'Estaque

Mickaël Penverne

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Les habitants devront attendre l'été prochain pour être tranquilles.
Les habitants devront attendre l'été prochain pour être tranquilles. — P. Magnien / 20 Minutes

Les avions volent toujours au-dessus de l'Estaque. Depuis 1997, les habitants du quartier voient passer au-dessus de leurs têtes chaque jour des dizaines d'avions qui sont en approche de Marignane. Après plusieurs années de bras de fer, ils ont obtenu en mai la création d'une trajectoire «alternative» qui passe un peu plus au large et évite les habitations. «Certains week-ends, ça peut aller jusqu'à cinquante avions par jour avec, à chaque fois, 70 à 80 décibels, s'étouffe Christian Apercé, du Comité d'intérêt de quartier (CIQ) des Hauts de l'Estaque. Avec le nouveau tracé, on nous a annoncé une réduction de 70 % des nuisances. Or, en août, on a battu tous les records en terme de nuisances.»

Selon le directeur de l'Aviation civile, Philippe Guivarc'h, la nouvelle trajectoire constitue une «manœuvre à vue imposée». Ce qui veut dire qu'elle ne peut s'opérer qu'à certaines conditions météorologiques : une bonne visibilité, pas de nuage et un vent au nord de 18 km/h minimum. Or, faute d'instrument de mesure sur place, les contrôleurs aériens de Marignane n'ont aucune idée de la vitesse du vent sur la colline de la Nerthe. Résultat, ils demandent aux pilotes d'emprunter l'ancienne ligne, plus sûre.

Un capteur pour mesurer la vitesse du vent


«La seule solution consiste à installer un capteur sur les hauteurs de l'Estaque pour mesurer la vitesse du vent», indique Philippe Guivarc'h. Le problème, c'est que son acquisition doit passer par un appel d'offres, ce qui renvoie son installation à l'été prochain. «Je reste très optimiste, maintient le député socialiste Henri Jibrayel, très en pointe dans ce combat. Je comprends le mécontentement des gens mais il faut qu'ils comprennent que tout ne peut pas se faire en un jour.»