Il se suicide avant la rentrée scolaire

Amandine Rancoule

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Lundi, les professeurs faisaient leur pré-rentrée " dans la tristesse ".
Lundi, les professeurs faisaient leur pré-rentrée " dans la tristesse ". — P.Magnien / 20 Minutes

Trois pages dans lesquelles il explique pourquoi il s'est donné la mort. Un professeur d'électronique du lycée Antonin-Artaud (13e), s'est suicidé dimanche après-midi à son domicile. Dans un mail envoyé à la veille de la pré-rentrée des professeurs, à tous ses collègues de l'établissement, l'homme de 55 ans, explique : «Je vous fais part de ma décision de ne pas faire la rentrée scolaire 2013. En effet le métier tel qu'il est devenu, au moins dans ma spécialité, ne m'est plus acceptable en conscience», écrit ce père de famille.

«Rien ne laissait présager son geste»


«Il dit que quand on lira ce courrier, il sera mort. Le temps de chercher à le joindre, c'était trop tard», explique son collègue Alain Barlatier, également militant syndical. «Il parle de la réforme STI2D et des difficultés de son application», indique un autre enseignant. «On se côtoyait tous les jours depuis six ou sept ans, il restait souvent tard le soir à travailler dans les ateliers, raconte une autre. C'était un homme adorable et pas dépressif : rien ne laissait présager son geste.»

Lundi matin, jour de la pré-rentrée des enseignants, le recteur s'est rendu dans l'établissement classé zone d'éducation prioritaire (ZEP) et a mis en place une cellule de soutien psychologique.

«Nous sommes atterrés par ce drame, indique Laurent Tramoni, le secrétaire Académique du Snes-FSU Aix-Marseille. Il faut absolument tirer le bilan de cette réforme Chatel mise en place à la hussarde». Le syndicat demande l'organisation d'une «journée banalisée pour permettre aux personnels de débattre» sur «la souffrance professionnelle, le métier et la réforme.» Un hommage sera rendu prochainement.

■ Les pratiques pédagogiques ont changé

La réforme de la voie technologique industrielle et tertiaire a été mise en place à la rentrée 2011. Plus d'une trentaine de spécialités ont été supprimées et fusionnées en quatre filières. Les pratiques pédagogiques ont changé, «obligeant l'enseignant spécialisé dans une discipline à enseigner également d'autres matières pour lesquelles il a peu reçu de formation. Les ateliers ont aussi été remplacés par les ordinateurs», selon le SNES.