La justice n'oublie pas les anti-CPE

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Le CPE est enterré pour toute la jeunesse, sauf pour eux. Plusieurs dizaines d'étudiants et de lycéens des Bouches-du-Rhône se débattent toujours dans des procédures de justice après avoir été arrêtés au cours de manifs anti-CPE. Vendredi, quatre étudiants en lettres ont été condamnés à Aix à des peines de deux à quatre mois de prison avec sursis et 600 à 1 000 e de dommages et intérêts suite à une bousculade lors d'un débat sur le CPE. « Il y avait déjà eu un étudiant condamné qui a passé 15 jours aux Baumettes », explique Camille, militante LCR. « On a l'impression que la justice a un esprit de revanche après le retrait du CPE », estime Michel Costes, secrétaire départemental Solidaires.

Après-demain, ce sera au tour d'Elodie, 22 ans, de comparaître devant le tribunal de Marseille. Elle avait été interpellée le 20 mars lors d'un rassemblement place Castellane. « On me reproche d'avoir participé à la manifestation malgré l'ordre de dispersion donné par la police, puis d'avoir blessé un policier, explique la jeune fille. Je ne vois pas comment j'aurais pu faire, ils étaient deux à me tenir quand ils m'ont arrêtée ! » Depuis la manif, Elodie a obtenu son diplôme à la fac Saint-Charles. Son procès a été reporté deux fois. Et risquer d'écoper d'une condamnation, « ce n'est pas super quand on cherche du travail ». Le comité de soutien, qui rassemble syndicats et partis politiques, appelle à un rassemblement vendredi à 8 h 30 devant le tribunal pour réclamer une amnistie pour tous les anti-CPE.

F. L.

Le 30 mars, la police avait arrêté une dizaine d'anti-CPE alors que la manifestation se déroulait dans le calme. « On en a chopé un ou deux qui nous emmerdaient depuis la semaine dernière », avait lancé un CRS à un de ses collègues.