La justice ordonne moins d'expulsions

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Accalmie ou aggravation ? Alors que la trêve hivernale des expulsions vient de commencer, préfecture et professionnels de l'immobilier assurent que Marseille connaît une certaine amélioration en la matière. En 2005, la justice avait accordé plus de 800 recours à la force publique en vue d'expulsion, contre 450 sur les dix premiers mois de 2006, selon les chiffres de la préfecture. Sur les mêmes périodes, la police serait intervenue 400 fois en 2005 contre 245 cette année. Mais les associations sont un peu moins optimistes.

A la Bourse du travail, le local de la CGT-Chômeurs renferme « quinze classeurs pleins » de dossiers de familles menacées d'expulsion. « Chaque après-midi, je reçois cinq familles, dont trois nouvelles, explique Laurence, qui tient la permanence logements. On voit de plus en plus de gens se faire expulser par des bailleurs sociaux, pour des retards de loyer d'à peine deux mois. » S'y ajoutent les locataires se retrouvant dans l'impossibilité de payer et qui demandent de l'aide trop tard. « Après six à huit mois d'impayés, même le fonds de solidarité logement n'est plus suffisant pour redresser la situation, estime Laurence. Il faudrait avoir des travailleurs sociaux qui contactent les locataires dès le deuxième mois d'impayé. » En novembre 2005, la Confédération nationale des administrateurs de biens (Cnab) a lancé avec l'association Ampil un dispositif de médiation pour limiter impayés et expulsions dans le parc privé. Selon la Cnab, près de 70 expulsions ont ainsi pu être évitées.

Frédéric Legrand

Parmi les quatre-vingt dossiers d'expulsion traités par la Confédération nationale des administrateurs de biens, près de 50% concernent des personnes isolées, et près de 20% des familles monoparentales.