Bus 32 : quatre suspects en examen

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Une cinquantaine de gamins excités bloquant le rond-point du Merlan (13e), quelques pancartes griffonnées à la hâte et, surtout, beaucoup de journalistes. Le rassemblement devant la cité des Lilas, hier après-midi, prévu initialement pour clamer l'innocence des cinq adolescents arrêtés dans l'affaire du bus 32 incendié samedi dernier, a surtout été provoqué par l'arrivée de la presse. « On les connaît depuis qu'ils sont petits. Des bêtises, ils en ont fait, mais ce ne sont pas des criminels », martèlent plusieurs mères de familles. « Vous croyez que ça ne nous fait pas de la peine ce qui est arrivé à cette jeune fille ? Mais ce n'est pas une raison pour arrêter n'importe qui », ajoute, remontée, une jeune femme, à deux pas des fleurs et des lettres déposées dans la rue en soutien à l'étudiante grièvement brûlée, Mama Galedou, toujours entre la vie et la mort hier.

« Si on me laisse éveillée pendant vingt-quatre heures, moi aussi je pourrai avouer n'importe quoi, c'est facile », regrette une voisine, en retrait de l'agitation du rond-point. Dans l'après-midi, quatre des cinq jeunes étaient présentés au juge d'instruction. Le parquet a requis leur mise en examen et leur placement en détention. « Trois d'entre eux ont reconnu avoir participé aux faits, mais aucun n'a admis avoir versé l'essence ou allumé l'incendie, a expliqué le procureur. Il semble qu'au sein de groupe, il y ait eu une excitation collective pour monter une opération contre un bus. Il y avait une volonté d'imiter ce qui s'était passé à Paris. » Aucun élément matériel n'a encore corroboré les témoignages : « Nous attendons les résultats des expertises », assure le parquet.

La brigade criminelle, félicitée par la directrice de la PJ, poursuivait hier son enquête. D'autres arrestations seraient programmées : d'après le déroulement des faits exposé par le procureur et les qualifications retenues par la juge d'instruction Pascale Liégeois, deux suspects seraient encore dans la nature. Les prochaines heures devraient permettre de déterminer s'il s'agit de participants actifs au crime ou de « grands frères » ayant influencé les adolescents.

Sa. M, F. L. et O. C.