La célèbre voix de la météo s'en va en coup de vent

Amandine Rancoule

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Modeste, Jacques Kessler était loin d'imaginer que son " départ en retraite allait faire un tel buzz ".
Modeste, Jacques Kessler était loin d'imaginer que son " départ en retraite allait faire un tel buzz ". — P.Magnien/20 Minutes

Il semble un peu venir d'une autre époque. Chemise en velours rouge dans un pantalon marron, Jacques Kessler, 61 ans, a fait son temps. Aussi connu que discret, le météorologue quitte Radio France le 14 juillet. Dans son bureau de Marignane d'où il officie depuis trente-deux ans, trois cartons sont entassés. Sur la table, un vieux boîtier radio est branché à un casque. «C'est un travail valorisant, je le referais sans hésiter, mais aujourd'hui, je tourne la page», explique-t-il. Face à lui, deux écrans affichent une carte satellite. A l'envers. «Désolé, je ne sais pas la tourner, s'excuse-t-il. D'habitude, je l'imprime». La technologie et lui ne font pas bon ménage. «Pour moi, les ordinateurs sont juste faits pour calculer», estime-t-il. D'ailleurs, ses bulletins météo, il les écrit au stylo. Une vingtaine de feuilles raturées sont empilées sur le bureau : il a une minute d'antenne pour faire le tour de France. «J'ai des astuces : je regroupe les départements en»région méditerranéenne«, »nord de la Loire«. Et je préfère parler des éclaircies.» Au début, il recevait des courriers. «»C'est incroyable, vous ne vous trompez jamais«, m'écrivaient les gens». Il a aussi eu des menaces de mort. «Maintenant, les gens n'écrivent plus de lettres, et je n'ai pas de mail», indique-t-il. Dans le bureau en face, le météorologiste de l'aéroport est «endeuillé» de son départ. «On ne va pas s'en remettre. Mais au bout d'un moment, se lever à 3 h du matin, c'est dur». De toute façon, «le réveil, c'est fini», promet Jacques Kessler. Désormais, il veut faire «des grasses mat' » et partir «au soleil» dans ses voitures de sport. A la retraite, il ne veut pas d'une dépression.