Le préfet face à des chaises vides

Mickaël Penverne

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Le préfet délégué à la métropole, Laurent Théry, a réuni hier pour la première fois le conseil des élus, une structure consultative censée réfléchir aux contours de la future institution et à son contenu. Mais sur les six intercommunalités concernées, seule la communauté urbaine de Marseille a siégé en la personne de son président, Eugène Caselli. Comme ils l'avaient annoncé, les élus opposés à la métropole ont poursuivi leur politique de la chaise vide. Sans surprise, le président du conseil général, Jean-Noël Guérini, n'a pas non plus fait le déplacement.

« Mascarade démocratique »


«Les positions ne sont pas complètement arrêtées, assure malgré tout Laurent Théry. On peut estimer qu'elles évolueront. En expliquant mieux le projet, la situation peut changer.» Pour convaincre les maires de l'intérêt de la métropole, qui devrait voir le jour en 2016, le représentant de l'État souhaite faire plancher les élus sur des «projets partagés» : la jeunesse, l'équité sociale et territoriale, l'amélioration des déplacements, etc. «Les maires sont d'accords sur le territoire et sur le principe des projets métropolitains, explicite-t-il. Ce qui divise, ce sont les conditions de la gouvernance. Il vaut mieux donc discuter du contenu.» Peine perdue. Les opposants lui envoient, une nouvelle fois, une fin de non-recevoir. «Mes collègues comme moi-même, nous ne participerons pas à cette mascarade démocratique, dont la méthode témoigne du profond mépris de l'administration gouvernementale à l'égard des élus républicains que nous sommes», s'insurge René Raimondi, président de SAN Ouest Provence. Une manifestation contre la métropole est prévue le 10 juillet à Marseille.

■ Eugène Caselli veut « parler d'argent »

Le président de la communauté urbaine a participé au conseil des élus, avec Jean-Claude Gaudin, Michel Vauzelle, président de la région, et Patrick Boré, maire de La Ciotat. «J'en appelle au gouvernement et au président de la République pour qu'ils accompagnent la mise en route institutionnelle par de réels et ambitieux moyens financiers à la hauteur des enjeux, a-t-il indiqué à la sortie. Il est temps d'être cohérent, il est temps de parler d'argent».