«Je ne pouvais pas la tenir tellement elle souffrait»

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«J'étais en train de discuter dans le parc qui longe la route, quand j'ai vu le bus en flammes et cette jeune femme qui criait». Samedi soir, ce père de famille de 40 ans est venu en aide à Mama, 26 ans, brulée à 60% dans l'incendie criminel d'un bus, devant la résidence des Lilas au Merlan (14e).

« Elle criait : ne me lâche pas, je ne veux pas mourir, explique cet homme, les yeux encore vides d'horreur une nuit après le drame. Cette femme noire perdait tellement de peau qu'on aurait dit qu'elle était blanche. Je ne pouvais la tenir par aucun endroit tellement elle souffrait et j'ai dû me retenir pour ne pas vomir sur elle».

Samedi, vers 21h15, le dernier bus de la ligne n°32 est pris dans un « guet-apens », selon les termes du procureur. A l'arrêt des « castors du Merlan », quatre mineurs aspergent l'habitacle du véhicule de liquide inflammable, qui, en flammes, finit sa route dans un rond-point. Venue rendre visite à sa famille, Mama, étudiante à Luminy, est aussitôt touchée par les flammes tandis que trois autres personnes sont intoxiquées. Transportée à l'hôpital de la Conception, elle était hier entre la vie et la mort.

«Ici, c'est calme, confie un jeune homme de 24 ans, natif du quartier. C'est ceux d'en haut, des «Oliviers A» qui font le "carnage". Des minots qui ont un scooter, vendent trois barettes de shit et se prennent pour des caïds. Ils se photographient sur Internet avec des fusils, des filles et des billets », affirme le jeune homme. Selon plusieurs personnes, Les «Oliviers A», surplomblant de quelques centaines de mètres les Lilas, font figure d'ilôt problématique au milieu d'une cité tranquille.

«Les médias sont responsables ! Vous connaissez la rivalité Marseille-Paris ? Il fallait bien que cela arrive un jour», déplore un vieil homme.

Laurent Berneron