Le rosé échappe à l'arrachage

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Les vignes de Provence seront-elles en partie arrachées, comme le prône la Commission européenne partout dans l'Union pour stopper les excédents d'un marché dont les prix se délitent ? Pas pour l'instant. Car la filière des vins de Provence, qui a présenté cette semaine la récolte 2006 « comme l'un des meilleurs millésimes de la décennie », a un atout : elle produit majoritairement du rosé, moins sujet à la concurrence des pays du « Nouveau monde » (Amérique et Afrique du Sud...) que le vin rouge. Et son marché se développe. S'il est traditionnellement consommé en Provence, le rosé s'est aussi imposé en Ile-de-France (2e région de consommation) et dans le Nord-Pas-de-Calais... On le boit désormais tout au long de l'année et ses ventes ont doublé en dix ans, grâce à une présence croissante dans la grande distribution. Toutefois, le rosé de Provence n'est pas complètement à l'abri. « Comme avec le vin rouge, la différence ne tient qu'à la technique de vinification. Des régions productrices de vin rouge ont eu tendance à se découvrir une vocation tardive pour le rosé », explique Marc Rolley, directeur du syndicat des Côtes de Provence. De « l'opportunisme commercial » qui pourrait coûter cher au vignoble régional. Mais ce producteur compte profiter des efforts faits au cours des dernières années sur la qualité de la production. Des vignes « rustiques » ont été arrachées au profit de cépages au « potentiel plus aromatique », comme la Syrah ou le Grenache, indique Marc Rolley.

Laurent Berneron

La récolte des « Côtes de Provence », soit 80 % de la production régionale, est en légère baisse cette année, avec 1,5 million de bouteilles. La région possède sept appellations d'origine contrôlée.