Expulsés, ils campent devant la cité

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Des escaliers, détruits à la masse, il ne reste que l'armature en fer. Les rez-de-chaussée et les étages ont été murés. Les matelas, les meubles, les jouets : tout est par terre, dehors. Depuis le 10 août, cinq familles vivent sans toit à la cité de la Renaude (13e). La société HLM Habitat Marseille Provence (HMP) a fait procéder à leur expulsion pour non-paiement de loyers. Sans solution de relogement, les douze adultes et vingt-quatre enfants dorment dans des caravanes, dans des voitures, sur des matelas à même la rue. Une famille s'était installée dans le jardin de son ancienne maison. Mais la caravane a brûlé dans le nuit du 22 septembre. Il n'en reste que le châssis. « Au même moment, il y avait un départ d'incendie dans la maison juste à côté, se souvient Angélique, du comité chômeurs CGT. On a porté plainte au commissariat, sans résultat. » Ancien bidonville occupé par des familles pieds-noirs gitanes, la Renaude a fini par bénéficier de maisons en dur, rénovées à la fin de des années 1980. Enfants, parents et grands-parents sont restés ensemble dans les mêmes maisons qui regroupent chacune dix à quinze occupants. « Aujourd'hui on doit tous dormir dans un camion », s'indigne La Pastora, qui habitait la maison incendiée. HMP justifie ces expulsions par des impayés de loyer de plusieurs années « allant de 4 000 à 30 000 euros » et des « troubles du voisinages ». « Nous avons tout les jours des coups de fils de voisins qui nous demandent de tenir bon », assure la direction d'HMP. « Pour au moins deux familles, le loyer était payé par la préfecture dans le cadre de la loi Borloo », réplique Angélique. Soutenus par le Comité chômeurs et la Confédération syndicale des familles (CSF), plusieurs expulsés occupent depuis une semaine la centre social en contrebas. Sans résultat pour le moment.

F. L.

HMP a démenti mercredi vouloir vendre le terrain, proche de la fac de Saint Jérôme : « Il appartient à la ville. »