Les trop chers emplois d'avenir

Mickaël Penverne

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Le préfet, Hugues Parant, critique les collectivités locales (archives).
Le préfet, Hugues Parant, critique les collectivités locales (archives). — P. Magnien / 20 Minutes

Le préfet des Bouches-du-Rhône, Hugues Parant, a dressé la semaine dernière un premier bilan des emplois d'avenir. Avec 567 contrats, le département se situe très loin de l'objectif qui a été fixé l'année dernière : plus de 4 100. Des résultats jugés «insuffisants» par le représentant de l'Etat qui accuse les collectivités locales de ne pas «jouer le jeu».

«Des efforts permanents »


Le conseil général a ouvert 150 postes : 90 dans les métiers administratifs et 60 dans la filière technique. Selon Lisette Narducci, conseillère générale chargée de l'insertion professionnelle, «les premiers dossiers sont partis à l'instruction», c'est-à-dire à Pôle emploi. De son côté, Marseille Provence Métropole a prévu de créer 50 emplois d'avenir dans le secteur de la propreté. Pour ces deux collectivités, le coût est identique : 1, 2 million d'euros sur un an. «C'est beaucoup, mais c'est un effort de solidarité que nous faisons pour permettre aux jeunes d'entrer dans une carrière qualifiante», commente, tout en retenue, Lisette Narducci.

En revanche, pour Eugène Caselli, président de la communauté urbaine, le rappel à l'ordre du préfet a du mal à passer : «Les collectivités ont aussi leurs problèmes financiers, justifie-t-il. Elles font des efforts permanents, mais l'Etat leur donne de moins en moins d'argent !»

La ville de Marseille pourrait créer, elle aussi, une cinquantaine de postes. Pas davantage. «Aucune mesure pour accompagner la fin de ces contrats n'a été envisagée, explique-t-on en référence aux emplois jeunes du gouvernement Jospin. Par ailleurs, la cour régionale des comptes recommande vivement aux collectivités de limiter leurs frais de fonctionnement et leur masse salariale.»

■ Un objectif de 7 700 postes en Paca

Les emplois d'avenir s'adresse aux jeunes de 16 à 25 ans peu ou pas qualifiés.Ils visent en priorité les zones urbaines sensibles. L'emploi d'avenir doit permettre d'acquérir une qualification en trois ans grâce à des contrats «de longue durée». Les principaux pourvoyeurs doivent être les associations et les collectivités locales. L'Etat prend en charge 75 % du coût. L'objectif est d'en signer 100 000 cette année au niveau national, dont 7 700 en région Paca.