Le [MAC] de Marseille s'ouvre sur le monde

Mickaël Penverne

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La plupart des artistes exposés sont passés, un jour ou l'autre, par Marseille.
La plupart des artistes exposés sont passés, un jour ou l'autre, par Marseille. — P.Magnien / 20 Minutes

Après plusieurs mois de fermeture, le Musée d'art contemporain, ou [MAC], rouvre ses portes avec une très belle exposition intitulée «Le Pont». Jusqu'au 20 octobre, elle présente les travaux souvent très engagés de 140 artistes, français et étrangers.

Nos rapports interrogés


L'exposition démarre dans le hall d'accueil avec l'impressionnante Round Table de l'artiste chinois Chen Zen, réalisée en 1995 pour les 50 ans de l'ONU, qui représente avec brio et simplicité le concert des nations.

Un peu plus loin, on trouve les photos d'Harry Gomboa sur les Chicanos, ces Mexicains vivant aux Etats-Unis, dans les années 70, une époque où émerge la question des communautés.

On y voit l'auteur, habillé en dandy, posant devant une bouche d'égout de Los Angeles. «Avec cette photo, il nous dit, voilà la place qui est réservée aux Chicanos dans cette société», décrypte Thierry Ollat, directeur du [MAC]. Activisme encore avec la famille de cosmonautes de Yinka Shonibare. Signe particulier : les scaphandres sont recouverts de tissus aux motifs africains. «C'est très touchant et en même temps, cela soulève de nombreuses questions sur l'Afrique, la lune et la modernité», reprend Thierry Ollat. L'exposition interroge aussi notre rapport à l'argent, à nos modes de vie mais aussi à l'autre, celui qui vient de loin ou qui habite juste à côté de chez nous. Ainsi, la série photographique «Périphériques» de Mohamed Bourouissa suggère, par un regard, un geste ou une attitude, les tensions qui parcourent les banlieues françaises. Magistral.