Un rêve de danse à Aix

Amandine Rancoule

— 

La pièce est à découvrir à Aix.
La pièce est à découvrir à Aix. — P. Magnien / 20 Minutes

Sur la scène du grand théâtre de Provence (GTP), à Aix, des danseurs s'étirent. Installée au milieu de la salle, la régie fait des tests lumière et son. Les derniers arrangements de la nouvelle création d'Angelin Preljocaj, «Les nuits», sont en cours. Perfectionniste, le chorégraphe fait travailler ses danseurs jusqu'au dernier moment. Ce lundi soir, la première est donnée au GTP avant une tournée en France et dans le monde jusqu'en juin 2014. Librement inspirée des «Milles et une Nuit», la pièce est teintée d'érotisme. «Ce texte a fait rêver des générations de lecteurs, intrigués de temps à temps par sa dimension fantastique et érotique», estime le chorégraphe.

Des ombres chinoises


«L'idée est de faire l'amour comme si vous étiez chez vous dans un lit à baldaquins», lance-t-il à ses danseurs. Sur scène, la lumière se tamise sur une musique douce, émaillée de quelques sonorités rythmées et de murmures. Derrière les moucharabiehs, les danseurs, par couple, improvisent, donnant naissance à d'incroyables ombres chinoises. Angelin Preljocaj, les mains dans les poches de son jogging, observe, note mentalement chaque détail. Puis, sur scène, il propose une chorégraphie. Les corps se touchent et se défont au gré des positions parfois acrobatiques. Mais toujours gracieuses. «Ça y est, vous l'avez ? » demande-t-il à sa troupe. « Quand le garçon s'enroule, la fille remonte», explique-t-il à un couple. En 30 minutes, les huit duos connaissent l'enchaînement par cœur. Place aux marquages. Du haut de la régie, Angelin Preljocaj place ses danseurs. «Marius plus à droite, Jean-Charles plus en avant», intime-t-il. Sur la scène, en repères, des bouts de scotchs jaunes sont posés au sol. Les moucharabiehs reprennent place. Ça y est. Une infime partie de l'Orient fantasmé de Preljocaj prend corps.

■ Pratique

Le spectacle «Les nuits» est à voir ce lundi et mardi au Grand Théâtre de Provence à partir de 20 h 30. La pièce passe ensuite au théâtre national de La Criée du 10 au 17 juillet.