La plaie des voitures épaves

Mickaël Penverne

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Trois voitures ont les vitres défoncées dans la petite rue Massabo.
Trois voitures ont les vitres défoncées dans la petite rue Massabo. — P. Magnien / 20 Minutes

 

Salah fait le tour de la rue Massabo (2e) d'un pas pressé : «Regardez cette voiture !, s'exclame-t-il. Elle n'a plus d'assurance depuis juillet 2012 et les vitres sont cassées. Et celle-là ! Elle est immatriculée en Espagne. Ca fait 100 ans qu'elle est là ! Qu'est-ce qu'on attend pour l'enlever ? Qu'elle brûle ?»

 

 

Inaction des services

 

 

 

Propriétaire d'un appartement dans la résidence Massabo, Salah ne supporte plus les voitures épaves qui «squattent» la rue. Trois d'entre elles ont les vitres explosées. Et quatre autres, si l'on en croit leur assurance et leur contrôle technique, ne roulent plus depuis des mois. «J'ai appelé Allô Mairie des dizaines de fois pour les faire enlever, s'emporte-t-il. Ils me renvoient à chaque fois sur la police municipale. Mais il ne se passe rien». L'histoire de Salah n'est pas un cas isolé. Yann, par exemple, se souvient de cette épave dans son ancien quartier, le Bon Secours (14e) : «Elle était ouverte aux 4 vents et il y avait même une bouteille de gaz à l'intérieur, se rappelle-t-il. J'ai appelé la mairie des dizaines de fois. J'ai même incité mes voisins à le faire. Elle est quand même restée plus d'un an devant l'entrée de l'immeuble.» Dans ces deux cas, les riverains mettent en cause l'inaction d'Allô Mairie et de la police municipale. Pourtant, selon Caroline Pozmentier, adjointe à la sécurité, il n'y a pas de dysfonctionnement dans les services : «En 2012, 2 400 voitures épaves ont été enlevées, explique-t-elle. On répond à toutes les demandes qui sont faites en fonction des priorités.» Que doit faire Salah pour voir sa rue dégager ? «Qu'il m'appelle directement», répond Caroline Pozmentier.

 

■ Abris de fortunes pour SDF

Au coin de la rue Massabo se trouve l'accueil de nuit de Saint-Jean de Dieu qui peut accueillir 160 SDF. «Quelqu'uns de nos pensionnaires dorment peut-être parfois dans ces voitures abandonnées, reconnaît la directrice. Mais ce qui est sûr, c'est que ce n'est pas leur voiture…» Elle aussi s'étonne de voir autant d'épaves dans cette rue : «On voit souvent les policiers municipaux par ici. Pourquoi ils ne font rien ?»