Résistance passive en mairie

mickaël penverne

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Une centaine de personnes ont manifesté mardi contre la loi.
Une centaine de personnes ont manifesté mardi contre la loi. — p. magnien/20 minutes

La loi sur le mariage pour tous a été adoptée mais les résistances persistent. À Marseille, le mariage des couples homosexuels dans les mairies de secteur de gauche ne posera pas de problème. En revanche, dans celles tenues par la droite, cela risque d'être un peu plus compliqué. La plupart des maires refusent de célébrer ces unions et renvoient la responsabilité de cet acte d'état civil à la «conscience» de leurs adjoints.

Combat terminé


«À titre personnel, je ne célébrerai pas ces mariages, confirme Bruno Gilles, maire UMP du 3e secteur. Mais je laisserai mes adjoints choisir. Et je n'exercerai aucune pression sur eux. Cette liberté de conscience que je revendique, elle doit aussi s'appliquer à eux.» Bis repetita à la mairie du 5e secteur, celle du député-maire UMP Guy Teissier, où la loi sera appliquée mais en laissant aux adjoints leur «liberté de conscience». «On arrivera toujours à en trouver un pour le faire», souffle Lionel Royer-Perrault, suppléant du député. Même chose du côté de Dominique Tian, maire UMP du 4e secteur, que l'on a vu récemment affronter les CRS aux Invalides, à Paris : «Je célébrerai ces unions uniquement s'il n'y a pas de projet parental derrière, indique-t-il. Sinon, mes adjoints s'en chargeront.» Robert Assante, maire UDI du 6e secteur, interroge, de son côté, la mairie de Marseille : «Je n'ai pas l'intention de célébrer ces mariages, affirme-t-il. Et si mes adjoints refusent également de le faire, que se passe-t-il ? Je renvoie le dossier à la mairie centrale ?» Pas question, s'agace l'entourage de Jean-Claude Gaudin. Pour Roland Blum, 1er ajoint, le combat est désormais terminé. «Il faut arrêter de tomber dans la démagogie, s'énerve-t-il. On ne va pas s'envoyer les dossiers de mairie de secteur en mairie de secteur. La loi a été votée, elle doit être maintenant appliquée.»

■ caselli se « réjouit »

Eugène Caselli, président de la communauté urbaine, fut le premier à réagir au vote de la loi : «Je m'en réjouis […]. Ce vote historique réaffirme un principe fondamental de la République : l'égalité entre citoyens.»