« Il aurait pu y avoir des morts »

amandine rancoule

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L'enquête devra déterminer pourquoi le camion-grue se trouvait sur le passage à niveau du chemin de la Passet (16e).
L'enquête devra déterminer pourquoi le camion-grue se trouvait sur le passage à niveau du chemin de la Passet (16e). — p.magnien/20 minutes

Grégory n'en revient pas. «C'est un miracle, il aurait y pu avoir des morts.» Il était assis dans le premier wagon du train express régional (TER) qui a percuté mardi matin un camion-grue sur un passage à niveau de Saint-Henri (16e). «Le cheminot a klaxonné très longuement puis une dame a crié» attention choc «, explique le jeune d'une vingtaine d'années. La vitre du train s'est brisée. J'ai reçu des éclats dans l'œil gauche et une partie de la fenêtre est passée au-dessus de ma tête. La jeune fille à côté de moi l'a reçue sur les jambes, mais elle va bien.» La collision a eu lieu sur la ligne Miramas-Marseille mardi matin à 8 h 23, entre les gares de l'Estaque et d'Arenc. Au total, 31 passagers sur 75 ont été légèrement blessés. Le conducteur du train a également été touché. «Le chauffeur du camion-grue a été évacué à l'hôpital Nord, précise le capitaine de frégate Jean-Michel Wagner, en charge des opérations de secours. Vu les circonstances de l'accident, le bilan humain aurait pu être beaucoup plus grave». Selon les premiers éléments de l'enquête, confiée par le parquet à la Sûreté départementale, le camion-grue se trouvait sur le passage à niveau. Percuté par le TER, il aurait fait une toupie avant de venir s'encastrer dans la vitre du premier wagon et d'être traîné sur une dizaine de mètres. La grue du camion a transpercé la rame et la cabine de toilettes du premier wagon. «Les barrières du passage étaient baissées et les feux rouges enclenchés», indique Jésus Sanchez, le directeur régional de la SNCF. Le train, qui venait de partir de la gare de l'Estaque roulait à une vitesse moyenne de 30 km/h. «Le train n'allait pas vite, il était en train de se lancer, raconte Maude, une étudiante assise dans un wagon du milieu. Après le choc, le conducteur nous a dit dans le micro de ne pas paniquer et de nous mettre à l'arrière du train. Puis les portes se sont ouvertes et nous avons pu sortir». D'après un riverain, les camions font régulièrement demi-tour sur ce passage à niveau. L'année dernière en France, cent collisions ont eu lieu sur des passages à niveaux, dont 80 avec des voitures et vingt avec des piétons ou des vélos. Dix personnes ont gravement été blessées, 33 ont été tuées.