Regard étrangersur nos quartiers

mickaël penverne

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L'exposition se déroule au rez-de-chaussée et au 1er étage des Archives.
L'exposition se déroule au rez-de-chaussée et au 1er étage des Archives. — p. magnien/20 minutes

Les Archives départementales présentent à partir de jeudi une exposition intitulée « Marseille vu par 100 photographes du monde ». Les photos proviennent des archives de l'atelier De Visu. Depuis sa création il y a 13 ans, cette structure spécialisée dans la photographie contemporaine reçoit régulièrement des artistes français et étrangers en résidence. Les photos, qui sont présentées jusqu'au 20 juillet, offrent ainsi un regard extérieur sur la cité et ses habitants.

Face-à-face troublant


En couleur ou en noir et blanc, les images proposent une image de la ville sans fioriture ni concession, le plus souvent brutale, quelque fois plus légère. Pour faire simple, en parcourant l'exposition, on pense davantage aux travaux parfois violents de Nan Goldin qu'aux photos colorées de Martin Parr. Une subjectivité assumée par Antoine Agata, cocréateur de De Visu. «J'ai un rapport très compliqué avec Marseille, reconnaît-il. Cette ville me tape sur les nerfs et en même temps, elle me tient à cœur. J'aime son côté ingérable mais sa paresse - dans tous les sens du terme - m'exaspère.» La scénographie de l'exposition est, elle aussi, particulière - et au début assez déroutante. Pas de photo dans des cadres accrochés aux cimaises. Les œuvres sont collées directement aux murs et généralement en grand format, provoquant un face-à-face troublant avec le spectateur. Certaines épousent même les angles des murs et du sol. Dernière mise en scène : l'absence de repères. Les photos sont vierges de nom, de date et de contexte. L'objectif de tout cela ? Désorienter le visiteur, ou plutôt le laisser déambuler en fonction de ses envies, de son intuition. Un peu comme s'il se retrouvait dans les rues de Marseille.