Marseille fait toujours aussi peu de place aux vélos

mickaël penverne

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Sur la place du 4-Septembre, la piste cyclable se résume à ces deux petits logos imprimés sur les nouveaux trottoirs.
Sur la place du 4-Septembre, la piste cyclable se résume à ces deux petits logos imprimés sur les nouveaux trottoirs. — p. magnien / 20 minutes

Les nouveaux aménagements de la place des Capucines (1er) ont été inaugurés lundi : du beau pavé, du mobilier urbain tout neuf et dix magnolias entourent désormais la fontaine Fossati. Mais aucune piste cyclable. Or, la loi sur l'air de décembre 1996 oblige les collectivités à créer des voies réservées aux vélos dès qu'une route est réaménagée. Le 18 mars, la communauté urbaine a été condamnée par le tribunal administratif pour avoir refusé de tracer ces itinéraires sur la place des Capucines, mais aussi sur le boulevard d'Athènes et la place du 4-Septembre, récemment transformés. «Ils [les élus] nous sortent toujours la même rengaine pour ne rien faire : les rues sont étroites et sinueuses, s'agace l'avocat Benoît Candon qui agit pour le collectif Vélos en ville. C'est une question de santé publique : Marseille est une des villes les plus polluées de France. On continuera tant qu'ils n'appliqueront pas la loi.» Pour se défendre, Eugène Caselli met en avant des «contraintes de circulation» : «On essaye de donner plus de place aux vélos, mais ce n'est pas facile et cela prend du temps», temporise-t-il. Le président de la communauté urbaine se dit même favorable à l'ouverture de nouvelles pistes cyclables, par exemple sur la Corniche : «Nous avons un projet dans les cartons, mais les CIQ [comité d'intérêt de quartier] s'y opposent», objecte-t-il. Monique Cordier, présidente des CIQ, confirme : «Je préfère qu'on rende d'abord les trottoirs aux piétons et qu'on développe ensuite les bus qui transportent 40 personnes, justifie-t-elle. Après seulement, je serai d'accord pour développer le vélo, qui concerne 2 à 3 % de la population.»