Hamburger et conflit d’intérêts

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 La guerre est déclarée entre le Marseillais Francesco Brescia et McDonald’s France. L’entrepreneur, qui gérait encore dix-neuf restaurants McDo à Marseille et sa région en début d’année, ne comprend pas pourquoi le géant américain récupère peu à peu ses établissements. Il l’a donc attaqué en justice. Le procès, qui a démarré cet été, doit se poursuivre jusqu’en décembre. En 1986, Brescia a signé un contrat de location-gérance qui prend fin cette année. Mais en 1992, les deux parties se sont réunies au sein d’une joint-venture (lire encadré), ce qui en fait des associés. Pour FrancescoBrescia, c’est ce dernier contrat qui prévaut. «McDonald’s n’est pas clair : soit je suis un franchisé, soit un partenaire.Au bout de vingt ans, on devient de vieux chiffons et pourtant, on en a essuyé de la poussière ! », regrettet- il, alors qu’il été le premier à réussir à s’installer sur la Canebière. « A l’issue de cette période de vingt ans, McDonald’s France est libre d’attribuer l’exploitation du restaurant […] à l’opérateur de son choix pour un nouveau contrat de vingt ans, ou de l’exploiter par elle-même ou l’une de ses filiales », répond la firme dans un communiqué. Après le restaurant de la Canebière, c’est celui de Bonneveine qui a été repris fin août. Quant aux 1 200 salariés de Brescia Investissement, qui reconnaissent bénéficier de bonnes conditions de travail, ils sont inquiets pour l’avenir. Même si McDonald’s assure qu’il n’y aura pas de licenciements, ils restent mobilisés et envisagent des actions.

Sarah Marengo