Vélos et pub ne roulent pas encore de conserve

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Gratuits la première demi-heure pour l’usager, très chers pour le contribuable. Les futurs 1 000 vélos à louer, répartis dans 130 stations à Marseille par la communauté urbaine (CUM-MPM) vont coûter 3 000 euros pièce par an. Selon Renaud Muselier, président (UMP) de la commission transports, ce coût s’explique par l’entretien des vélos et la sophistication du système : « les vélos sont reliés à un ordinateur central qui détecte les pannes et qui repère les stations qui ont trop ou pas assez de vélos ». Problème : avec un système analogue et le même fournisseur (l’entreprise de mobilier urbain Jean-Claude Decaux), la communauté urbaine de Lyon arrive à récupérer 18 millions d’euros de bénéfices, alors que MPM va débourser 49 millions étalés sur 15 ans. « Lyon a cassé les contrats de mobilier urbain [y compris donc les panneaux publicitaires] et mis en concurrence l’ensemble, vélos compris », rappelle François-Noël Bernardi (PS). Ce qui a permis de dégager des bénéfices avec la redevance que Decaux paie à la communauté urbaine pour apposer de la publicité sur l’espace public.
Pourquoi n’avoir pas fait de même à Marseille ? « Robert Vigouroux [maire divers-gauche de Marseille de 1986 à 1995] avait signé un avenant qui prolongeait les contrats de mobilier urbain jusqu’en décembre 2009, justifie Bernard Jacquier, président (UMP) de la commission d’appel d’offres à MPM. On aurait peut-être pu les dénoncer avant l’échéance, mais il y avait le risque que ce soit contesté en justice ».
MPM a confirmé hier que des instructions ont été données pour remettre en concurrence le mobilier urbain et la publicité de Marseille dès 2010. La communauté urbaine aurait-elle bougé sans les remontrances de la gauche ? « Quand j’ai vu que Lyon arrivait à gagner de l’argent et pas nous, ça m’a choqué et j’ai demandé des explications à Muselier et Jacquier », a lâché hier, sybillin, Jean-Claude Gaudin, président (UMP) de MPM. Au PS, on avait le succès modeste : « Si notre intervention peut permettre de faire gagner de l’argent à la CUM, c’est l’essentiel, estime François-Noël Bernardi. Mais cela aurait pu être fait plus tôt ».

F.L.