Jean-Claude Gaudin : «Ce mandat aura été le plus difficile»

INTERVIEW Rencontre avec le maire UMP de Marseille, Jean-Claude Gaudin, à un an des municipales...

Propos recueillis par David Blanchard et Amandine Rancoule

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Jean-Claude Gaudin, le 14 février 2013 à Marseille.
Jean-Claude Gaudin, le 14 février 2013 à Marseille. — P.MAGNIEN / 20 MINUTES

A un an des municipales au cours desquelles le PS va tenter de ravir la Cité phocéenne à l'opposition, le maire de Marseille fait durer le suspense sur ses intentions.

Quelle est la principale réussite de ce mandat?

Ce mandat aura été le plus difficile. Je n'avais que deux voix d'avance pour obtenir la majorité absolue, j'ai donc dû pas mal jongler. Ce dont je suis le plus fier, c'est d'avoir fait reculer le chômage de 21,6% à moins de 13%. Cela reste plus que la moyenne nationale, mais notre ville est celle qui a subi la désindustrialisation la plus totale. On a aussi créé la zone franche de Saumaty Séon, qui marche très bien.

Comment la ville agit-elle en matière de sécurité?

Pendant longtemps, je n'étais pas favorable à un armement de la police municipale. Aujourd'hui, on a fait l'effort. La Ville est venue en renfort de l'Etat. Nous travaillons en collaboration avec la police nationale. Cent postes de policiers municipaux ont été ajoutés, un centre de vidéoprotection créé, nous avons accepté les Taser et les Flash-Ball. En cas de travail de nuit, ils seront plus armés.

Marseille a la réputation d'être une ville très embouteillée...

C'était un énorme problème. On a mis en place des tunnels pour améliorer la circulation. Sur le Vieux-Port, on a souhaité laisser la place aux piétons. Il reste toujours des gens qui ne sont pas contents, mais les terrasses sont pleines. Mais c'était gênant pendant la phase de chantier.

Quel est l'apport de la capitale européenne de la culture?

Cela nous a permis d'investir 600 millions d'euros, dont 40% supportés par la Ville. Nous avons réhabilité le château de la Buzine, le Silo, le palais Longchamp… Si l'on veut que Marseille entre dans le top 20 des villes européennes, il faut de grandes réalisations.

Comment voyez-vous la ville dans les années à venir?

Nous accueillons 5.000 nouveaux habitants chaque année. Nous construisons actuellement 5.000 logements par an, dont 1.500 logements sociaux. Il y aurait de quoi passer à 6.000 si les permis de construire n'étaient pas bloqués par des recours. J'espère que l'on dira que j'ai été un bon maire. Les erreurs urbanistiques ont été faites par Gaston Defferre [maire de Marseille de 1953 à 1986]. De mon côté, j'ai essayé d'éviter les constructions massives.

Si Muselier était resté, qu'est-ce que cela aurait changé en 2014?

Après trois tandems Gaudin-Muselier, il souhaitait que l'on inverse. J'étais prêt à examiner cette proposition d'une manière amicale. Après ses défaites, il a dit: «Je m'en vais.» Aujourd'hui, il semble difficile qu'il revienne. Il peut toujours le faire mais alors il faudra combattre Mme Carlotti. Je ne crains personne, je ne m'en occupe pas. J'ai toujours eu des adversaires. J'ai lutté contre Defferre, contre Le Pen, contre Tapie. Alors la kyrielle des prétendants de gauche ne me préoccupe pas pour l'instant. Quant à savoir si je me représenterai, je me donne encore le temps de la réflexion.