L'hypnose médicale endort la douleur

SANTÉ 'hôpital d'Aix-en-Provence forme actuellement une partie de son personnel à cette pratique...

Amandine Rancoule

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Le patient dialogue avec le médecin pour entrer en hypnose.
Le patient dialogue avec le médecin pour entrer en hypnose. — f.pennant / 20 minutes

Grâce à l'hypnose médicale, Philippe, atteint d'une sclérose en plaques, a réduit sa consommation de neuroleptiques. Pour se dégager de la douleur, il a appris à entrer dans un état modifié de conscience. «Je me relaxe, je pars dans mon imaginaire pour oublier mon corps», raconte-t-il. Au centre hospitalier (CH) d'Aix-en-Provence, 60 agents hospitaliers, infirmiers et médecins, sur 2.700, seront initiées d'ici à la fin de l'année par l'Institut français d'hypnose à cette méthode.

«Hyperconcentration»

«L'hypnose est un état d'hyperconcentration, comme quand une personne joue à un jeu vidéo par exemple. Son lien avec le temps n'est plus le même et les stimuli extérieurs ne sont plus ressentis», explique Delphine Baudoin, docteur responsable de l'unité de traitement de la douleur au CHU d'Aix. L'hypnose médicale est ainsi utilisée pour les soins douloureux ou stressants et avant certaines interventions chirurgicales. «Cela permet d'injecter moins de produit anesthésiant dans le corps du patient. Il récupère donc plus vite», indique Delphine Baudoin.

Selon une étude de l'université de Stanford, seuls 5% des gens sont réfractaires à la méthode. «Par déontologie, on demande toujours au patient s'il veut être médicalement hypnotisé ou pas, précise Christine Contin-Zolin, une psychologue déjà formée à la technique. Il y a d'abord une phase d'induction où on parle d'une voix monocorde pour que le patient entre dans un état, détaille-t-elle. L'imaginaire du patient va l'amener là où il veut pour voir des paysages ou ressentir des choses». Pour le faire sortir de cet état, le personnel médical «reconnecte» le patient en lui faisant prendre conscience des bruits qui l'entourent, etc. «L'objectif est de former l'ensemble du personnel, assure le directeur du CHU, Joël Bouffiès. Je veux ouvrir l'hôpital vers les techniques du "mieux-être". La douleur a longtemps été rejetée, aujourd'hui nous la traitons.»

A ce jour, très peu d'hôpitaux en France pratiquent l'hypnose, selon la fondation APICIL qui aide l'hôpital d'Aix à financer les formations d'un coût de 1.000 euros par personne.