Inquiétude au Comptoir de la Victorine

mickaël penverne

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Ancienne usine d'allumettes, le Comptoir de la Victorine appartient à la ville depuis 2008.
Ancienne usine d'allumettes, le Comptoir de la Victorine appartient à la ville depuis 2008. — p. magnien / 20 minutes

La compagnie de théâtre L'art de vivre et le collectif de plasticiens Les pas perdus vivent depuis lundi sous la menace d'une expulsion du Comptoir de la Victorine. Installée à Saint-Mauron (3e), cette ancienne usine d'allumettes leur sert d'atelier et de lieu de création depuis une vingtaine d'années.

Une pétition en ligne


En 2008, la mairie achète le bâtiment pour 2 millions d'euros. La restauration et la mise aux normes sont estimées à 4 millions d'euros. La ville s'engage à lancer le chantier si le conseil général et le conseil régional financent aussi les travaux. Quatre ans plus tard, le département finit par débloquer une enveloppe de 2 millions. Dans la foulée, la région vote, en juin, le principe d'une aide, mais sans donner de chiffre. Mais aucun chantier n'est lancé. Lettres recommandées, constats d'huissiers, déclarations d'assurance, demandes de rendez-vous… Rien n'y fait. De guerre lasse, les deux collectifs d'artistes cessent de verser leur loyer, 2 000 € par mois, et les mettent de côté. Réponse immédiate de la mairie : un avis d'expulsion envoyé le 25 février. «Nous, ce qu'on veut, c'est trouver une solution à l'amiable», explique Dorine Julien, directrice de production des Pas perdus. «On a reçu une lettre d'André Malrait [adjoint au patrimoine] le 15 mars, nous indiquant qu'il était prêt à discuter pour échelonner le loyer, explique Yves Fravega, directeur artistique de l'Art de la rue. Mais ce n'est pas la question : qu'ils fassent d'abord les travaux ! C'est la priorité.» Pas question, répond la mairie. «En consignant leurs loyers, ces associations se sont faites justice elles-mêmes, et se sont mises à la faute», accuse Yves Moraine, président du groupe UMP au conseil municipal. Pour la majorité, la responsabilité revient d'abord au conseil régional. «On attend toujours son plan d'investissement», renchérit Yves Moraine. Une pétition est en ligne pour sauver le Comptoir de la Victorine. Pour l'instant, elle a recueilli 1 500 signatures.