A Marseille, Sylvie Andrieux plaide le «rigorisme»

JUSTICE L'ancienne conseillère régionale comparaît devant le tribunal correctionnel de Marseille pour détournements de fonds publics...

Mickaël Penverne

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Sylvie Andrieux encourt une peine de dix ans d'emprisonnement et une amende de 150 000 €.
Sylvie Andrieux encourt une peine de dix ans d'emprisonnement et une amende de 150 000 €. — p. magnien / 20 minutes

Sylvie Andrieux a été entendue jeudi par le tribunal correctionnel de Marseille. L'ancienne vice-présidente du conseil régional, chargée de la politique de la ville, est soupçonnée d'avoir détourné 740.000 € de subventions au profit d'associations fictives à des fins électoralistes. Parlant souvent d'elle à la 3e personne, la députée socialiste des Bouches-du-Rhône a répondu aux questions de la présidente du tribunal. A-t-elle soutenu des dossiers de demandes de subventions? «A aucun moment, tranche-t-elle. Je suis quelqu'un de rigoriste. J'ai eu une éducation alsacienne, vous savez.»

A-t-elle mis la pression sur les services de l'administration régionale pour attribuer ces financements ? «Moi, la pression, je la subis au quotidien: c'est celle de la misère et de l'angoisse, plaide-t-elle. La pression, forcément, elle se répercute. Mais l'administration est suffisamment organisée pour la gérer.» Quid des soupçons de visées électoralistes, demande alors la présidente du tribunal? «Jamais quelqu'un ne m'a parlé de dérive, répond l'élue, droit dans ses bottes. Je couvre un territoire de plus de 4.000 ha, avec 160.000 habitants. Il m'est matériellement impossible de connaître chaque concitoyen qui crée une association.»

Quant à Benyoub Same, président de l'association des commerçants de Picon Busserine (14e), il n'a jamais fait campagne pour elle en échange d'une subvention. «Une campagne ne se gagne pas par le tissu associatif, insiste l'élue. Cela se gagne porte à porte.» En fait, selon la députée, toute la responsabilité de cette affaire revient à Roland Balalas, ancien secrétaire général du groupe socialiste au conseil régional, et mis en examen pour escroquerie et détournements de fonds publics. C'est lui qui gérait les dossiers de subventions, explique la députée. «Il avait toute ma confiance et une grande latitude. A tel point qu'il pouvait se passer plusieurs semaines sans que je vienne à une réunion du groupe.» «On peut faire confiance à quelqu'un, mais on peut aussi rester vigilant», lui fait remarquer la présidente. «Vous avez entièrement raison», opine la prévenue. Le procès se poursuit la semaine prochaine avec les plaidoiries et les réquisitions.