Opération reconquête en cours au Clos la Rose

mickaël penverne

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Une soixantaine de CRS contrôlent les accès de la cité tous les jours. Le but : dissuader les acheteurs.
Une soixantaine de CRS contrôlent les accès de la cité tous les jours. Le but : dissuader les acheteurs. — p. magnien / 20 minutes

Il est 15 h, une dizaine de cars de CRS se mettent en place tout autour du Clos la Rose (13e). Ce ne sont pas des « Rambo » qui en sortent mais des policiers, lunettes de soleil sur le nez, et d'humeur badine. Ce quartier est connu pour abriter, comme d'autres, un trafic de drogues. C'est ici, devant l'entrée 41, qu'en novembre 2010, un adolescent de 16 ans s'est fait tuer par une rafale de kalachnikov. Le trafic persistant, l'ancien préfet de police, Alain Gardère, a même songé à raser l'immeuble. Aujourd'hui, la méthode a changé. Les CRS se montrent tous les jours pour tenter de casser le «business». Dans quelques semaines, ils passeront le relais aux services sociaux pour assurer le «service après-vente» avec notamment des emplois d'avenir et des chantiers d'insertion.

La méthode se veut inédite. Pour l'instant, elle se heurte au fatalisme des habitants. «Il y a du trafic partout à Marseille : dans le 10e, dans le 15e, partout, soupire une mère de famille à la sortie de l'école. Je ne suis pas sûr que cette opération va changer quelque chose. Ils [les dealers] iront ailleurs.» Ici, les demandeurs d'emplois représentent plus de 16 % de la population. Soit quatre points de plus que la moyenne marseillaise. «Tant que ce sera difficile de trouver un emploi, on n'aura pas résolu les problèmes de trafic, prévient Joël Desroche, directeur du centre social. De toute façon, ce n'est pas qu'une question de forces de l'ordre. C'est aussi de la cohésion sociale : apprendre aux gens à se connaître, à se parler et à reprendre en main leur quartier.» Le 25 mai, il organise la première Journée des cultures pour réunir les habitants et occuper, avec eux, le terrain. Sans les CRS.