Les Fralib gagnent en appel

amandine rancoule

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Les salariés se sont réunis jeudi midi en assemblée générale.
Les salariés se sont réunis jeudi midi en assemblée générale. — f.pennant/20 minutes

Au-delà de la fatigue et de l'usure, le soulagement et la joie. Les irréductibles salariés de Fralib, en lutte depuis 884 jours pour conserver leurs emplois, ont fêté jeudi à l'usine de Gémenos, l'annulation du troisième plan de sauvegarde de l'emploi (PSE) d'Unilever. «C'est un immense soulagement, estime Marie, salariée de Fralib depuis 39 ans. Il faut rester concentré, mais aujourd'hui on peut savourer». La cour d'appel d'Aix a prononcé la nullité de la procédure, sous les applaudissements nourris et les cris des salariés, réunis à l'usine au milieu des machines. Elle a même ordonné à la société Fralib de «reprendre à son début la dite procédure et de présenter au comité d'entreprise un plan de sauvegarde de l'emploi concernant l'ensemble des salariés» du site de Gémenos. «Il est regrettable que la cour d'appel stoppe brutalement le processus d'accompagnement, alors qu'à date 76 % des 167 salariés qui avaient déjà quitté Fralib ont retrouvé une solution d'emploi et sont déjà tournés vers l'avenir», a réagi dans un communiqué Frédéric Faure, le DRH d'Unilever France.

«Du tilleul cultivé en Provence»


«On a gagné la demi-finale mais pas la finale, souligne en assemblée générale Olivier Leberquier, représentant CGT. La vraie victoire ce sera quand les machines tourneront avec de la tisane Eléphant faite à partir de tilleul cultivé en Provence.» Car 72 des 182 salariés demandent toujours à Unilever de leur céder la marque et de sous traiter les volumes dans le cadre d'un projet de Scop. «La décision de justice ne change rien : on ne sous-traitera pas les volumes et on ne cédera pas la marque, indique la direction qui n'exclut aucune option, même des recours en justice. Toute reprise d'activité est de toute façon exclue.» «On veut faire ce que certains on fait toute leur vie, insiste Olivier Leberquier. On veut continuer à travailler. Qui peut nous le reprocher ?»

■ Précédent

En février 2011, le tribunal avait jugé le 1er PSE «dépourvu de toute indication permettant de connaître les moyens consacrer au reclassement». En novembre, la justice a estimé «pas sérieuses» les propositions de reclassement du 2e PSE.