L'industrie de raffinage est encore «en surcapacité»

M. PE.

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La raffinerie n'est pas morte. Depuis la mise sous cocon de LyondellBasell en 2012, à Berre-l'Etang, certains dirigeants locaux estiment que cette industrie décline de façon inexorable. Il faudrait même que les bassins ouest du Grand port maritime de Marseille (GPMM) songent, dès à présent, à trouver de nouvelles ressources pour compenser d'éventuelles fermetures. «Ce jugement est excessivement pessimiste, répond Isabelle Muller, déléguée générale de l'Union française des industries pétrolières (Ufip). Le port de Fos est très bien connecté. Tous les pipelines qui partent d'ici remontent vers l'Allemagne, la Suisse et la région lyonnaise. Ils alimentent également tout le bassin méditerranéen. Même s'il y a de la concurrence en Italie et en Espagne, la région bénéficie de nombreux atouts, notamment sa position géographique.» Autour de l'étang de Berre, il reste trois raffineries en activité, Petroinos, Total et Esso, qui ont raffiné 21, 9 millions de tonnes de pétrole brut en 2012. Pour autant, selon Jean-Louis Schilansky, président de l'Ufip, «il existe encore une surcapacité de raffinage de 10 à 15 % en Europe». Conclusion : des sites risquent de mettre la clé sous la porte, comme LyondellBasell. «On n'en est pas encore là mais s'il n'y a pas de repreneur solide, le risque est bien réel», conclut-il. Réponse dans le courant de l'année.

■ gaz de schiste

Représentant les entreprises pétrolières, l'Ufip plaide depuis longtemps pour l'exploitation du gaz de schiste. Selon elle, les Etats-Unis vivent, grâce à ce produit, une «révolution». Mieux, un «choc de compétitivité». «Désormais, les Etats-Unis n'importent plus de gaz et sont entièrement indépendants», a plaidé Jean-Louis Schilansky, président de l'Ufip.