Corse : la CMN veut de la concurrence

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Nouvelle ombre au tableau pour l'appel d'offres sur la desserte maritime de la Corse. La Compagnie méridionale de navigation (CMN) a saisi mardi le Conseil de la concurrence pour en demander la suspension, alors que l'Assemblée de Corse doit attribuer, le 1er janvier prochain, la desserte maritime publique de l'île pour six ans, avec 15 millions d'euros annuels de subventions à la clé. Ancienne alliée de la SNCM, la CMN s'est, durant l'été, tournée vers sa principale concurrente, Corsica Ferries. « Maintenant que la SNCM est privatisée, elle doit nous considérer en partenaire et non en filiale, explique François Froment-Meurice, avocat de la CMN. Si Véolia [un des repreneurs de la SNCM] se montre moins arrogant, on peut négocier avec eux. »

Pour l'heure, la CMN assure que l'appel d'offres est biaisé par les conditions de privatisation de la SNCM. Les deux repreneurs, Butler et Véolia, disposent d'une clause de retrait si la société nationale ne remportait pas l'appel d'offres. « C'est une preuve que les dés sont pipés », estime François Froment-Meurice. Deux autres procédures menacent le résultat de l'appel d'offres. La SNCM a demandé à la justice de faire respecter le pacte d'actionnaires qui lie SNCM et CMN. Jugement attendu le 17 octobre, alors que l'Assemblée de Corse aura déjà ouvert les négociations avec les candidats à la desserte. Parallèlement, la Commission européenne a ouvert une enquête sur les conditions de la privatisation fin 2005, et sur sa première recapitalisation, en 2002. La SNCM risque de devoir rendre certaines aides publiques ou de se défaire de certaines lignes pour ne pas fausser la concurrence. La Commission devrait rendre sa copie courant 2007. Et tous ces jugements sont susceptibles d'appel. Malgré tout, l'Office des transports de Corse assurait hier « qu'à ce jour, rien ne conduit à penser que l'appel d'offres doive être suspendu ».

Frédéric Legrand