Mégret «n'assume rien» selon le procureur

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Le procureur a requis hier deux ans de prison avec sursis et deux ans d'inéligibilité à l'encontre de Bruno et Catherine Mégret, poursuivis pour détournements de fonds publics à l'époque où le MNR dirigeait la mairie de Vitrolles. La justice reproche aux époux d'avoir envoyé, aux frais de la mairie (et dans des enveloppes siglées « mairie de Vitrolles ») plus de soixante milles lettres aux maires de France pour leur demander de parrainer la candidature de Bruno Mégret à la présidentielle de 2002.

Les sommes détournées, 74 000 e, constituent un préjudice « mineur » par rapport à d'autres affaires, convient le procureur Xavier Bonhomme, patron du pôle économique et financier au parquet de Marseille. Le magistrat souligne plutôt la dimension morale du dossier : « Une municipalité n'est ni une banque ni une association caritative destinée à financer bénévolement les activités d'un parti politique financièrement à l'agonie. » La thèse de « l'erreur d'aiguillage » avancée par le MNR ne tient pas, constate le parquet : « La commande à l'imprimeur vient de la mairie, c'est elle qui paie et qui réceptionne les lettres. »

Mais ce qui irrite surtout le procureur, c'est la dérobade. Catherine Mégret ? « Interrogée par les policiers sur sa gestion de la mairie, elle répond 42 fois “ je ne sais pas ”, alors qu'elle est à la cinquième année de son mandat ! » Pour le parquet, la maire a joué un rôle primordial dans le détournement de fonds, puisqu'elle a autorisé l'utilisation de son nom et son image dans les courriers. La charge est encore plus sévère contre Bruno Mégret. « Alors que vous prétendez être un chef, que vous aspirez à un destin national, vous n'assumez rien, vous êtes de la race égoïste de l'intérêt personnel », lance le procureur. Le tribunal devrait rendre sa décision le 18 octobre. Bruno Mégret a déjà annoncé qu'il ferait appel, ce qui suspendra une éventuelle peine d'inéligibilité.

Frédéric Legrand

Marc Blondel a accusé le gouvernement de « néo-poujadisme », dans une interview au Monde, et se dit prêt à « tenir le maximum de temps ».