L'activité va continuer à la CMR

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Le tribunal de commerce a validé hier la reprise de la Compagnie Marseille Réparation (CMR) par le groupe espagnol Boluda. L'Union Naval Marseille, filiale de l'Union Naval Barcelona (elle-même propriété de Boluda), proposait 50 000 e pour la reprise du stock de la CMR avec le maintien de 105 emplois sur 121. La société, qui s'engage aussi à investir 3 millions d'euros dans la CMR, restait seule en lice après l'obtention, en juillet, de la concession de deux bassins de carénage du Port autonome, sans lesquels toute activité de réparation navale est impossible.

« Après dix mois de lutte, notre mission est remplie : les salariés ne connaîtront pas le chômage », expliquait hier Marc Laye, délégué syndical CGT, qui reste vigilant pour l'avenir. « Le projet que l'on a examiné est creux pour l'instant. Et côté Boluda, c'est la loi du silence. » Dans son jugement, le tribunal se montre d'ailleurs « extrêmement réservé quant à la pérennité du projet » des Espagnols, pointant au passage « le comportement souvent offensant, notamment à l'égard des salariés, du candidat [à la reprise] tout au long de la procédure ». Toujours selon le jugement, « la stratégie de Boluda, tendant à reprendre la CMR dans les conditions financières les moins défavorables possibles, a totalement asséché la trésorerie » de la compagnie. « C'est grâce au soutien du Port autonome que la CMR va peut-être éviter la liquidation », précise le tribunal, qui rend aussi hommage aux salariés. Ces derniers se réunissent en assemblée générale ce matin.

S. H.

La CMR a déposé le bilan en octobre 2005 après que l'Europe a réclamé le remboursement de 3,5 millions d'euros de subventions accordées en 2002 pour redémarrer l'entreprise.