Procès de Bruno Mégret: la défausse

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Tête haute, mains propres, et sauve-qui-peut ! Le procès de Catherine et Bruno Mégret, accusés de détournement de fonds publics avec cinq autres prévenus, s'est ouvert hier devant le tribunal de Marseille. Les faits remontent à 2001, quand Catherine Mégret (MNR) était encore maire de Vitrolles. A quatre reprises, sa mairie envoie près de trente milles lettres à l'ensemble des maires de France. Dans les deux derniers envois, Catherine Mégret demande aux maires de parrainer la candidature de Bruno Mégret à la présidentielle de 2002. Le président du tout jeune MNR, mouvement né en 1998 d'une scission avec le FN, n'a pas encore les cinq cents signatures d'élus nécessaires pour être candidat. Coût total de ces mailings pour la mairie : plus de 74 000 e. Le MNR en a remboursé près de la moitié pour couvrir les dépenses des deux derniers courriers, qui relevaient clairement de la campagne présidentielle de Bruno Mégret.

Cinq ans après, à la barre, personne ne se rappelle qui a donné l'ordre d'imprimer et d'envoyer les lettres. Le service communication renvoie sur le cabinet du maire, et réciproquement. Bruno Mégret, présenté comme un « conseiller spécial » au sein de l'équipe municipale ? « Je n'avais aucune fonction au sein de la mairie, assure le président du MNR. Je n'ai pas participé à la gestion. » Courageusement, Catherine Mégret a décidé de ne pas assister à l'audience. Il faudra se contenter de ses déclarations aux policiers : « Mon rôle au sein de la mairie se bornait à faire des relations publiques et à suivre les dossiers des gens en difficulté sociale. » Suite des débats aujourd'hui avec les réquisitions du procureur.

Frédéric Legrand