Marseille: Un TGV attaqué... pour un clip de rap?

FAITS-DIVERS La police s'intéresse à l’aîné des assaillants, qui se présente comme réalisateur de clips musicaux...

Hanifa Charif et Amandine Rancoule

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Illustration TGV.
Illustration TGV. — ALFRED/SIPA

Dix personnes, dont cinq sont mineures, sont en garde à vue depuis samedi à la Sûreté départementale. Elles ont été interpellées après avoir, avec une centaine d’autres jeunes, entravé les voies et stoppé ainsi un train à grande vitesse (TGV) transportant 150 personnes de la gare Saint-Charles à Hyères et Nice.

Des torches rouges allumées sur les voies, «principe normalement utilisé pour arrêter en urgence un train», selon la SNCF, avaient contraint le conducteur à stopper le TGV à la hauteur de la cité Air Bel (11e), classée en zone de sécurité prioritaire. Les portes ont été verrouillées et aucune personne n’a pu entrer ou sortir des voitures. La police, rapidement alertée avait essuyé des jets de pierre pendant que les assaillants s’enfuyaient dans la cité. Deux fonctionnaires en civil de la police aux frontières ( PAF) de Cannes, passagers du TGV, auraient filmé toute la scène.

L’attaque d’un train, scénario d’un clip

Dimanche, le parquet a expliqué que les gardes à vue allaient être prolongées de 24 heures. Les individus pourraient être déférés lundi en début d’après-midi. Les enquêteurs s'intéressent particulièrement à l’aîné du groupe âgé de 35 ans, qui se présente comme réalisateur de clips musicaux. L’homme reconnaît avoir tourné samedi à Air Bel une partie du clip du groupe de rap local 11.43, en référence au calibre de l’arme de prédilection dans le grand banditisme.

Et selon les premières investigations, le tournage prévoyait une attaque de train. Mais l’homme nie farouchement avoir initié le blocage du convoi malgré la grande mobilisation de jeunes de la cité samedi sur les voies. Les fusées ayant servi à arrêter le TGV auraient également été volées depuis un certain temps. «Les assaillants» auraient aussi tenté de voler d 'autres fumigènes dans la motrice arrière. Dimanche, tous les interpellés ont nié les faits.