Les paysans passent derrière les caisses

©2006 20 minutes

— 

Confrontés à des prix trop bas, les paysans en ont gros sur la patate. Pour sortir de la crise, douze agriculteurs provençaux ont créé Pays'en direct, premier point de vente collectif des Bouches-du-Rhône, qui doit ouvrir à Istres vendredi prochain. Ce marché paysan quotidien regroupe des producteurs de fruits et légumes, de fromages, des éleveurs de volailles et de taureaux... L'initiative vise à se démarquer des réseaux traditionnels de distribution. « Quand un fromage vendu 2 e au consommateur est acheté cinquante centimes au producteur, on comprend pourquoi personne ne souhaite que son fils devienne paysan », estime le chevrier Yves Malbosc.

La crise est particulièrement rude dans les Bouches-du-Rhône et le Vaucluse. Ces deux départements concentrent 80 % des exploitations arboricoles de Paca, fortement concurrencées par les productions venant d'Espagne et du Maghreb. Selon le conseil régional, les prix payés aux producteurs ont baissé de 30 à 40 % de 2004 à 2005. En octobre 2005, l'Etat a donc lancé une campagne d'incitation à l'arrachage des vergers. Et pour sauver leurs exploitations, les agriculteurs s'essaient à la vente directe, se lançant dans une course de vitesse avec des supermarchés qui ont eux aussi créé des circuits courts à grands renforts de publicité. Avantage : la vente directe favorise le contact entre consommateurs et producteurs. « Depuis les grandes crises alimentaires, il y a une prise de conscience. Les gens se soucient beaucoup plus de ce qu'ils mangent, explique Janny Léger, apicultrice de Charleval. La vente directe permet aussi de toucher une clientèle qui n'a pas forcément la possibilité de faire son marché. » Les douze de Pays'en direct ont en tout cas la ferme intention de faire pousser d'autres points de vente collectifs.

Julien Pompey

Les producteurs de Pays'en direct se sont engagés à respecter une charte définissant une éthique de production et de commercialisation.