Sans-papiers : inquiètude avant le verdict

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C'est demain que la préfecture devrait dresser le bilan des régularisations de sans-papiers dans le cadre de la circulaire Sarkozy. Pour l'instant, près de 900 dossiers ont été traités sur les 1 182 demandes déposées dans les Bouches-du-Rhône entre le 13 juin et le 13 août, selon les services de l'Etat, qui précisent que près d'une demande sur quatre serait recevable.

Un premier bilan déjà dénoncé par les associations de soutien aux sans-papiers, notamment le Réseau éducation sans frontières (RESF). « Le préfet annonce 250 régularisations, ce qui correspond à la moyenne nationale. Logique : Sarkozy a bloqué les compteurs à 6 000 dès le début. Ça révèle donc que les dossiers n'ont pas été traités au cas par cas », assure Florimond Guimard, membre du RESF. Si la préfecture confirme que les dossiers ont bien été étudiés individuellement, RESF cite pour preuve « les réponses stéréotypées envoyées aux déboutés. C'est une machine à envoyer des invitations à quitter le territoire ». Le Réseau étudie actuellement la possibilité de recours collectif devant le tribunal administratif.

Une permanence a aussi été mise en place à la Maison méditerranéenne des droits de l'homme (MMDH) pour accueillir les déboutés et les aider à préparer des recours grâcieux. « Ils sont déboussolés, note Florimond Guimard. Leur première réaction, la préfecture ayant désormais leur adresse, c'est de déménager et changer leurs enfants d'école. Désormais, la vigilance est de mise. »

Stéphanie Harounyan

Accueil à la MMDH (34, cours Julien, 6e) jusqu'à jeudi, de 14 h à 17 h. RESF tient aussi une permanence les premiers mercredis du mois, de 16 h à 18 h, dans les locaux de la Cimade, 8, rue J.-M.-Cathala (2e).