Dro Kilndjian : «Un Marsatac à dominante hip-hop»

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Interview de Dro Kilndjian, programmateur du festival Marsatac.

Marsatac accueillera cette année Public Enemy, le groupe légende du rap new-yorkais : comment cela s'est-il fait ?

Ça fait deux ans qu'on travaille pour faire venir Public Enemy. D'emblée ce n'était pas évident : ils viennent à 15 personnes donc c'est cher. Et on ne savait pas quand ils allaient refaire une tournée européenne. J'ai tout de même gardé une case libre pour une tête d'affiche. Et puis il y a deux mois, ça s'est débloqué : le groupe fait une tournée en Angleterre et va faire un crochet par Marseille.

Public Enemy a été fondé dans les années 1980, avec un message très politique. Quel public attendez-vous ?

Le dernier concert marseillais de Public Enemy remonte à 1991, avec I AM en première partie... C'est un groupe historique, il devrait y avoir un public plutôt trentenaire ou plus. Mais j'espère justement que ce sera l'occasion pour d'autres de découvrir Public Enemy, surtout dans une ville de rap comme Marseille.

Cette année, Marsatac semble revenir vers le hip-hop de ses débuts...

Il y a une dominante hip-hop mais on garde le principe d'une programmation éclectique aussi bien rock qu'électro ou hip-hop.

En mélangeant les genres au sein d'une même soirée ?

On avait envisagé de le faire mais ce n'était pas très cohérent de passer de Mogwaï [rock] à Public Enemy. On a plutôt thématisé les soirées : rock-électro-techno d'un côté, et hip-hopdrum'n'bass-break beat, de l'autre.

Vous organisez une nouvelle soirée « carte blanche », avec des artistes de Brighton...

La soirée « Glasgow » avait bien marché l'an dernier. Quand on est allé à notre tour à Glasgow faire un concert d'artistes marseillais, on a un peu manqué de relais pour annoncer la soirée. On a tout de même eu 400 entrées. Et des contacts avec un label et des artistes locaux.

L'année dernière, suite à l'incendie des Docks, Marsatac avait déménagé en catastrophe au J4. Quelles ont été les conséquences ?

Financièrement, ça a presque été une opération blanche. Le déménagement sur le J4 nous a fait dépasser le budget de 150 000 e. La Drac, la région, le département et la ville de Marseille nous ont aidés. A l'arrivée, on était dans le rouge de 15 000 e, sur un budget de 650 000 e.

Marsatac reste au J4 ?

Le site nous a vraiment plu avec la vue sur la mer, la proximité du centre-ville. Cette année, comme on s'y est pris à l'avance, on va pouvoir aménager de nouveaux chapiteaux avec du parquet, un bar-terrasse, des animations...

Combien de spectateurs espérez-vous ?

A Marseille, on peut avoir un super plateau et faire un four. Il nous faudrait 11 000 entrées pour rentrer dans nos frais. L'an dernier, on était à 11 300.

Recueilli par Frédéric Legrand

Marsatac, du 21 au 30 septembre au J4, au Cabaret Aléatoire et au Poste à Galène.

www.marsatac.com