Les pêcheurs à l'abordage du «Rainbow»

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Les thoniers ont multiplié les manoeuvres d'intimidations, contre Greenpeace, hier. Récit.

n 9 h. Greenpeace a installé son QG dans les jardins du Pharo. Face à eux, au large de Marseille, le Rainbow-Warrior II fraîchement arrivé fait connaissance avec son comité d'accueil : 18 thoniers, trois chalutiers, une vedette de la police maritime, un Zodiac des douanes et un de la gendarmerie maritime. Les thoniers postés dans le port foncent pour barrer la route au trois-mâts, venu dénoncer les dangers de « la sur-pêche ». « C'est illégal, s'énerve Stéphane Beaucher, de Greenpeace France. On a reçu l'autorisation de faire une escale technique ! »

n 11 h. Selon Greenpeace, les pêcheurs leur ont donné deux heures pour partir. « C'est le préfet qui a lancé l'ultimatum, rétorque Serge Perez, du Syndicat des thoniers. Nous ne sommes que les garants de la loi ! »

n13 h. La préfecture, invoquant « un risque de trouble à l'ordre public », annonce que le trois-mâts « n'est pas autorisé à mouiller dans la rade, à compter de ce jour 15 h ».

n 13 h 45 Panique dans la rade : le Rainbow-Warrior ii lève l'ancre vers « une zone d'ancrage plus profonde ». Réaction instantanée des thoniers : le Roger-Christian IV s'approche à 2 mètres de l'arc-en-ciel du trois-mâts, couvert à droite par le Pierre-Joseph-Salvador.

n 14 h 15. L'alerte est passée. A bord du Rainbow, les débats s'étirent entre l'équipage et la gendarmerie maritime. « On crée un trouble à l'ordre public... et eux, alors ? Pouvez-vous garantir notre sécurité ? », s'énerve un marin. « Je ne peux pas m'interposer avec mon bateau en plastique entre deux bateaux de ferraille ! », renvoie le gendarme.

n 17 h. Après deux tentatives d'abordage et un arrosage du pont du trois-mâts, les pêcheurs lèvent le camp. Direction le port de commerce, pour un blocage total afin d'exiger l'intervention des pouvoirs publics. « Il part, ou on le fera partir pendant la nuit, assure Serge Perez. Mais pour l'instant, personne ne rentre ni ne sort ! » En début de soirée, Greenpeace annoncait finalement le départ du Rainbow-Warrior ii, aujourd'hui à 18 h, par mesure « d'apaisement ». S. Harounyan