Sol à sol, un succès à base de thé

amandine rancoule

— 

Chaque année, 18 tonnes de maté sont commercialisées, comme ici, à l'Equitable Café.
Chaque année, 18 tonnes de maté sont commercialisées, comme ici, à l'Equitable Café. — P.MAGNIEN / 20 MINUTES

Elles y ont pensé pendant des années. Et puis, en 2006, Nadine Couchoux et Beatriz Paixao ont créé la société coopérative et participative (Scop) Sol à sol. Cette coopérative marseillaise commercialise et distribue du maté bio équitable en provenance d'Argentine.
A l'occasion du mois de l'économie sociale et solidaire (ESS), un secteur d'activité reposant sur des principes de lucrativité limitée et de gestion démocratique, elles partageront leur expérience le 10 novembre, à la Maison de la région*. « Le maté est ramassé par des producteurs d'Argentine, explique Nadine. La marchandise arrive au port de Marseille. Elle est transportée à Carnoux, où elle est conditionnée par un partenaire qui embauche 30 personnes. Puis elle est distribuée dans 450 boutiques en France. »

« Pas de l'humanitaire »
L'idée a fonctionné. Depuis 2006, le chiffre d'affaires progresse de 20% chaque année. « Le bon fonctionnement social de l'entreprise entraîne le bon fonctionnement économique », estime Michel Faure, le président de la Chambre régionale de l'EES. « On soutient les producteurs Argentins mais on ne fait pas de l'humanitaire : nous sommes dans un rapport économique rentable, ajoute l'entrepreneuse. On sent évidemment un peu la crise mais le bio est en plein boom, du coup, on en ressent moins les effets. » Dans l'ensemble, l'ESS résisterait mieux à la crise que l'économie traditionnelle. Selon l'Urssaf, sur les deux derniers trimestres, une augmentation de 1,2 % des effectifs a été observée, contre une progression de 0,3 % sur le reste de l'économie.
« L'ESS est plus souple en terme de décisions de relance car on ne garantit rien aux actionnaires. Nous n'en avons pas, indique Michel Faure. Elle n'est pas liée à un retour financier obligatoire, donc elle conserve ses emplois. » Selon lui, les salariés s'investissent aussi davantage dans l'entreprise puisqu'elle leur appartient, via une injection financière dans le capital de la société.
*www.cresspaca.org