La fleur qui a bloqué l’incinérateur

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C’est l’histoire de la petite fleur contre le grand bulldozer. Les travaux du centre de traitement des déchets de Marseille-Provence-Métropole avaient à peine démarré sur la zone du Caban-Sud (Fos) que le 2 août, le tribunal des référés d’Aix a ordonné leur suspension. Motif : la découverte, le 20 juillet sur le
chantier, d’une cinquantaine de pieds de « lys maritime », protégé par un arrêté ministériel de 1994.
Le tribunal a nommé un expert pour recenser toutes les espèces protégées du site et rédiger un rapport d’ici à deux mois, délai susceptible d’être prorogé. « Plusieurs espèces protégées sont présentes, notamment  des oiseaux comme le guêpier. On espère que l’expert va trouver des nids », explique-t-on à la mairie de Fos, adversaire de l’incinérateur
aux côtés de Ouest-Provence (syndicat d’agglomérations), à l’origine de la procédure en justice avec l’association Fare. De son côté, la société EveRé, qui doit construire l’incinérateur, assure qu’elle va utiliser ce « contretemps » pour « retravailler les accès au site en tenant compte des indications du tribunal » et plancher sur la « création d’un sanctuaire
des plantes rares du littoral » qui serait ouvert à des visites pédagogiques. L’entreprise a tout de même fait appel du jugement.

Stéphanie Harounyan