Nouvel arrêté, un an après

amandine rancoule

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Les associations ont partagé un « gâteau de la honte », mercredi midi.
Les associations ont partagé un « gâteau de la honte », mercredi midi. — p.magnien / 20 minutes

Un nouvel arrêté « anti-mendicité », baptisé ainsi par les associations, devrait être publié ce jeudi. Selon la ville, cet arrêté municipal valable pendant un an, comme le précédent, pour but de lutter contre les comportements portant atteinte à la tranquillité publique. « Sur la base des constatations de la police, nous avons défini un nouveau périmètre, explique Caroline Pozmentier (UMP), l'adjointe au maire chargée de la sécurité. Les 3e, 4e et 7e en sont sortis et nous nous sommes recentrés sur les 1er, 2e, 5e, 6e et 8e ».

« On meurt »
Selon elle, il y a eu en un an près 900 interventions dans le cadre de cet arrêté, dont 10 % ont donné lieu à des verbalisations. « C'est une réelle provocation, estime Fathi Bouara, le directeur régional de la Fondation Abbé-Pierre. C'est encore combattre les pauvres plutôt que la pauvreté : quelles réponses apportent-ils aux 12 640 personnes qui fréquentent les structures d'accueil de Marseille ? » Avec notamment Emmaüs, une cinquantaine de personnes ont « fêté » devant la mairie centrale, mercredi midi, « le triste anniversaire » de l'arrêté. « Quand on ne peut pas mendier pour manger, eh bien on vole. Et si on n'y arrive pas, comme on ne mange plus, on meurt. Il faut leur demander si c'est cela qu'ils veulent », raconte Jean-Paul, compagnon d'Emmaüs Cabriès, qui a passé trente ans dans la rue. La semaine prochaine, les associations offriront aux personnes nécessiteuses des sardines et du pain devant la mairie. Pour demander une nouvelle fois à la ville l'abrogation de l'arrêté.