Marseille: Douze policiers sont en garde à vue

JUSTICE L'Inspection générale de la police nationale a lancé mardi une opération mains propres...

Mickaël Penverne

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Un contrôle de la BAC dans les quartiers Nord de Marseille.
Un contrôle de la BAC dans les quartiers Nord de Marseille. — p. magnien / 20 minutes

Grande opération mains propres dans les rangs de la police. Douze policiers de la brigade anticriminalité (BAC) ont été interpellés puis placés en garde à vue mardi. Le coup de filet a commencé vers 9h, au moment où les hommes prenaient leur service.

L'Inspection générale de la police nationale (IGPN) a perquisitionné les domiciles de plusieurs fonctionnaires avant d'aller fouiller leurs vestiaires dans le commissariat du 14e arrondissement. La police des polices agissait dans le cadre d'une information judiciaire ouverte par le parquet de Marseille, en février, pour vols en bande organisée, extorsions en bande organisée et infractions à la législation sur les stupéfiants.

«Des problèmes de déontologie»

C'est en novembre 2011 que l'enquête démarre. L'IGPN est alertée que des fonctionnaires «se payent sur la bête». Autrement dit, qu'ils voleraient l'argent et les cigarettes des vendeurs à la sauvette et, plus grave, l'argent et la drogue des dealers qu'ils sont censés interpeller. «Pour l'instant, personne ne connaît leur motivation, a expliqué mardi le procureur Jacques Dallest. On ne sait pas s'ils ont fait ça pour des raisons crapuleuses ou pour des raisons professionnelles, c'est-à-dire infiltrer des réseaux de trafiquants.» Si la suite des investigations fait apparaître d'autres faits délictueux, ils feront l'objet d'un réquisitoire supplétif, a-t-il ajouté.

Les policiers, qui pourraient rester en garde à vue jusqu'à vendredi, risquent de 10 à 20 ans de prison. L'IGPN cherche à savoir désormais depuis combien de temps duraient ces vols et ces extorsions. Le procureur a évoqué mardi des «pratiques assez répandues depuis un certain temps». Dans les rangs de la police, on reconnaît du bout des lèvres que des «bruits couraient en effet depuis plusieurs années sur des problèmes de déontologie» au sein de cette unité.

Il y a quelques mois, un fonctionnaire avait été révoqué parce que, selon lui, il avait eu le tort de dénoncer à sa hiérarchie des «voleurs au sein de (son) service». Alors qu'il a quitté Marseille depuis plusieurs mois, l'homme dit recevoir régulièrement des menaces de mort.

Précédents

En 2010, quatre policiers avaient été interpellés à Marseille pour avoir donné des informations à des malfaiteurs. Ces fuites auraient retardé plusieurs interpellations dans le milieu du grand banditisme. Quelques jours avant, un autre enquêteur de la police judiciaire marseillaise avait été mis en examen pour violation du secret de l'instruction.