Les trottoirs marseillaisse mettent au vert

François maliet

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Un habitant de la rue Sénac (1er) prend soin des ses plantations installées sur le trottoir.
Un habitant de la rue Sénac (1er) prend soin des ses plantations installées sur le trottoir. — P.MAGNIEN / 20 MINUTES

En haut de la rue de l'Arc, à Noailles (1er), une abondante végétation s'épanouit dans une cinquantaine de poubelles noires alignées sur le trottoir. Pêle-mêle, on y trouve fleurs, plantes grasses, fraisiers, laurier-rose et même un pin et un épicéa.

« Une vraie transformation »
Initié par l'association Artriballes fin 2009, qui a incité les habitants à déposer des plantes en bas de chez eux, le projet a depuis été repris par Plus belle la rue, dont fait partie Stéphanie Mousserin. « C'est une vraie transformation, explique-t-elle. Esthétique, car la présence de nature en ville est agréable. Et puis, cela a permis d'élargir les relations de voisinage : nous avons rencontré beaucoup de monde. » Et cette pratique a bouturé rue Nau (5e), rue Chateauredon (1er) et rue Sénac-de-Meilhan (1er). Habitant de cette dernière, Henri Bertrandon a participé aux premières mises en pots : « On a commencé au début de l'année, où on a sorti une vingtaine de plantes. Ensuite, on en découvrait tous les jours de nouvelles ! » Une façon de se réapproprier l'espace public, et d'initier des rencontres entre les habitants. Début septembre, les mains vertes de la rue Sénac ont organisé un « apéro trottoir ». « Nous étions une centaine, tous mélangés, jeunes, vieux, de toutes origines… », se réjouit Henri. L'idée semée rue de l'Arc continue de germer dans les têtes marseillaises. Rue Jean-Pierre-Brun (6e), rue Duguesclin, rue du Baignoir ou encore rue Pierre-Bellot (1er), des convertis cherchent à égayer leurs trottoirs. « Nous leur expliquons que c'est très simple, raconte Henri : il suffit de pots, de terre et de plantes ! » Et d'une poignée d'envie.