Les marins veulent être payés

mickaël penverne

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Le Princess Danae accueille 225 membres d'équipage et 720 passagers.
Le Princess Danae accueille 225 membres d'équipage et 720 passagers. — f. pennant / 20 minutes

Il occupe ses journées comme il peut. Depuis qu'il est arrivé à Marseille, il y a une dizaine de jours, Marcos n'a pas mis les pieds dans le centre-ville. Le tourisme, ce n'est pas son truc. Ce qu'il veut, c'est repartir au plus vite. Chez lui, au Honduras.

De 300 000 à 1 million d'euros dus
Agé d'une vingtaine d'années, Marcos fait partie des 225 membres d'équipage du Princess Danae. Avec l'Athena, ce paquebot a été saisi puis immobilisé dans le port de Marseille parce que son propriétaire, la compagnie portugaise Classic International Cruises (CIC), a accumulé des dettes. Des factures de carburant et certains salaires sont en attente de règlement par cette société. On parle d'un préjudice allant de 300 000 à 1 million d'euros. « On n'a pas été payés depuis deux mois, se plaint Marcos, qui travaille pour CIC depuis 4 ans. Qu'ils nous payent pour que tout le monde puisse rentrer à la maison ! On n'a plus rien à faire à bord. Ils nous ont coupé Internet et le téléphone depuis quatre mois. »
Pour garder le contact avec sa famille, Marcos se rend au foyer de l'Association marseillaise des amis des marins (AMAM), à proximité du port. Créée en 1994, l'AMAM assure un accueil et une aide aux marins qui font escale dans la cité phocéenne. Elle leur met à disposition une connexion Internet, des téléphones et un espace pour se détendre. Son président, Marc Feuillebois, connaît bien le Princess Danae puisque le bateau fait escale à Marseille depuis 2004 : « Jusqu'à présent, il n'y avait pas eu de problème. Mais au mois de juin, des marins malgaches m'ont raconté qu'ils rencontraient des problèmes de salaires. » Seule solution : que la compagnie trouve rapidement un accord avec ses créanciers. Sinon, l'escale risque de s'éterniser pour Marcos et les siens.