« La liberté d'expression est la guerre la plus saine »

propos recueillis par Amandine rancoule
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Le dessinateur Fathy Bourayou.
Le dessinateur Fathy Bourayou. — P.MAGNIEN / 20 MINUTES

   Le coup d'envoi du premier festival international de la caricature, du dessin de presse et de la satire de l'Estaque (16e) est donné ce vendredi soir. Une trentaine de professionnels y participe. Fathy Bourayou, caricaturiste et dessinateur de presse dans le mensuel Le Ravi, en est l'un des fondateurs. 

   Quel est l'esprit du festival à l'heure du débat sur les caricatures parues dans Charlie Hebdo ?
  On polémique beaucoup sur cette histoire mais on n'en parle pas vraiment. Nous voulons nous questionner : qu'est-ce qu'un dessin de presse en tant que symbole de la liberté, opposé aux fanatismes en tout genre ? Nous ne craignons pas les débordements. La caricature est une arme et la liberté d'expression est la guerre la plus saine. Elle met de l'ordre dans la tête des incultes.
  A qui s'adresse le festival ?
  A tous. Tout le monde peut lire un dessin, du président de la République au sans domicile fixe, mais on ne va pas tous le comprendre de la même façon, selon notre degré de réflexion. On va croquer l'actu en direct, le Parti socialiste, Charlie Hebdo, les kalach, tout ce qui peut donner matière à réflexion. 

   Pourquoi ce festival à Marseille ?
  C'est une ville de migrations, une mosaïque multicolore. Nous sommes au bord de la Méditerranée, au plus proche du Printemps arabe. Dans cette la ville, l'humour est pagnolesque mais très mal exploitée. Il n'y a qu'ici que la caricature n'existe pas dans la presse locale, alors que dans cette ville, des hommes politiques mafieux il y en a davantage que des poteaux. 

pratique

Le festival gratuit se déroule du 21 au 23 septembre sur le thème « l'abbé Pierre a 100 ans », à l'Estaque (16e). Au programme : concerts, débats et rencontres.