La traque des pollutionsen mer

amandine rancoule

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L'année dernière, plus de 200 pollutions ont été détectées en Méditerranée.
L'année dernière, plus de 200 pollutions ont été détectées en Méditerranée. — B. BOUYE / SIPA

Le procès d'un présumé dégazage sauvage au large de Hyères s'est tenu mercredi devant le tribunal correctionnel de Marseille. Un million d'euros d'amende a été requis et la décision mise en délibéré au 5 décembre. « Les dégazages sont des rejets d'hydrocarbures en mer, huile de vidanges ou résidus de fuel générés par les moteurs des navires », précise l'association WWF. Le ferry Le Carthage, de la compagnie tunisienne de navigation, est soupçonné d'avoir effectué ces rejets illicites de nuit en octobre 2009. « En France, c'est la première fois qu'un procès se tient sur la base d'une détection de pollution la nuit, souligne Antidia Citores, la coordinatrice juridique à Surfrider Fondation. Jusqu'alors, les preuves n'étaient pas suffisantes. »

Une « vidange » coûteuse
En théorie, les bateaux ont l'obligation de décharger leurs résidus, stockés à l'intérieur d'une citerne, dans des installations portuaires. « Selon le type de navire, le coût de cette “vidange” peut aller de 3 000 à 20 000 € par an, explique Antidia Citores. Les bateaux préfèrent donc parfois le faire en mer. » Selon Surfrider, chaque année depuis 2008, cinq navires en moyenne sont traduits en justice en France, dont 45 % pour des pollutions en Méditerranée. Seules 3 % des pollutions détectées par satellite entraînent une action en justice. « Un satellite de l'EMSA (European Maritime Safety Agency) nous transmet des images lorsqu'il y a suspicion de pollution et nous confirmons ou non avec un moyen aérien de la marine nationale ou des douanes », explique le commissaire de la marine Bruno Caron. Plusieurs moyens sont utilisés : photographie, infrarouge ou radar. Ce dernier « permet la détection d'un produit à la surface de l'eau, explique un expert de la surveillance aérienne des pollutions aux douanes. Si les vagues sont modifiées par un élément extérieur, le radar le détecte. Par exemple, l'huile aplanit la surface de l'eau ». Depuis janvier, 151 pollutions ont été détectées selon la préfecture maritime.