Les plages ne sont parfois pas très loin des montagnes, comme ici, en Méditerranée.
Les plages ne sont parfois pas très loin des montagnes, comme ici, en Méditerranée. — Colin Paterson P / Supestock / Sipa

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Pourquoi la plage et pas la montagne ?

ÇA S'EXPLIQUE - Ce n'est pas parce qu'on est en vacances qu'il faut mettre son cerveau sur pause. Sociologue et directeur de recherches au CNRS, Jean Viard répond à la question: «Pourquoi les Français privilégient la plage à la montagne?»

Alors plage ou montagne? Manifestement les Français sont peu à hésiter. «En été on a besoin de soleil, d'eau, de découvrir son corps, et de partir en famille, en bande», analyse le sociologue Jean Viard.

Mais où vont-ils ces vacanciers? «En général, ils partent sur le littoral, le plus près de chez eux. Et beaucoup en camping. Il n'y a finalement que les Parisiens qui vont un peu partout», poursuit celui qui est aussi directeur de recherches au centre national de la recherche scientifique (CNRS).

De l’histoire ancienne

Et si les séjours à la mer ont autant le vent en poupe, cela peut en partie s'expliquer par une histoire plus ancienne que celle des vacances à la montagne. «Les séjours sur le littoral ont été lancés au XIXe siècle par les rentiers. Ils ont commencé autour de la mer du Nord et sont redescendus petit à petit pour arriver notamment vers Deauville/Trouville, puis les Anglais ont investi la Côte d'Azur. Les vacances à la plage se sont démocratisées après la guerre de 1940. Tout cet imaginaire de la mer a été inventé par ces aristocrates», explique le spécialiste.

La nature apprivoisée

«Les rentiers ont apprivoisé la nature dans un but ludique. Avant, les plages servaient essentiellement de salles de bains. Elles sont devenues des terrains de jeu. Tout comme le tourisme de montagne qui s'est développé avec le ski, autour de Chamonix. Avant cela, les skis ne servaient qu'à se déplacer», narre Jean Viard qui ironise: «Le plus gros défaut de la montagne, c'est que c'est en pente!»

L'arrivée des différentes plages urbaines (Toulouse-Plage, Rouen-sur- Mer, Paris-Plages, Clermont-Ferrand Sable Show...) n'a fait que consolider la préférence des Français pour les étendues de sable au bord des cours d'eau. «Ce qui montre bien qu'on n'a pas besoin de la mer. N'oublions pas qu'en France, il y a quand même plus d'un million de piscines privées», ajoute le sociologue. Une tendance qui renforce le triptyque estival : eau, soleil, maillot de bains.

Et même si les montagnes possèdent de nombreux lacs agrémenté de jolies grèves, rien n'y fera : on appellera toujours ces dernières... des plages.

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