Article mis à jour le 25 juin 2018

Dans ses slides de présentation ultra-modernes, Roland Quancard ne dispose que de très peu d’images pour illustrer la création de la maison de négoce Cheval Quancard. Une seule photo en noir et blanc, un portrait de Pierre Quancard, qui crée sa société de négoce en 1844. A l’époque, c’est la Monarchie de Juillet. Six générations plus tard, Roland est à la tête de la maison.

«Au moment d’entrer dans l’entreprise, en 1982, on était 5. Il y avait mon père, mon grand-père, mon oncle et mon cousin», se souvient-il. A l’époque, son curriculum vitae le destine plutôt à une carrière à l’international. «Je sortais d’une école de commerce. J’avais travaillé à Londres et Francfort. J’adorais ça.» Pour garder une cohérence avec son parcours, sa famille lui confie la gestion du marché des exportations.

Nostalgique de l’époque de ses ancêtres

Année après année, il reprend graduellement les marchés. «Si bien qu’en 2003, au moment de la retraite de mon père et de mon oncle, je suis entré au directoire de Cheval Quancard», explique-t-il. Une ascension impressionnante pour un jeune homme qui n’était pas certain de vouloir se lancer dans le métier. «La profession d’avocat m’attirait beaucoup aussi. Surtout en première et en terminale, au moment où il faut commencer à construire son parcours.» Aujourd’hui Roland Quancard ne regrette pas son choix, même s’il garde une admiration certaine pour le monde des plaidoiries et des affaires.

Une photo publiée par @merciless_mc le

Quand il pense à ses prédécesseurs, le chef d’entreprise devient un peu morose. «On a coutume de dire que Bordeaux s’est construit grâce à la négoce de vin. A l’époque de mes ancêtres, la négoce se faisait par bateau. Ça prenait du temps, ils traversaient les océans. Aujourd’hui, la commande part tout de suite. Je suis un peu nostalgique de cette époque où on avait le temps de réfléchir. Aujourd’hui, tout est dans l’action. A peine une commande est passée à l’autre bout du monde qu’ici, on est déjà prêt à l’expédier.»

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Moderniser les bouteilles en douceur

De sa lignée, il est maintenant seul aux commandes. «Dans la famille, on a toujours considéré que s’il y a trop de monde qui travaille dans l’entreprise, ça cause plus de complications que de facilités», sourit-il.