Votre enfant est né cette année, et vous voulez marquer l’occasion en achetant une bouteille que vous ouvrirez avec lui à ses 18 ans? Ou vous êtes simplement un amateur de vin, désireux de marquer un événement heureux, de démarrer une collection. Il vous faudra donc choisir un vin de garde, c’est-à-dire un breuvage que vous pourrez garder entre dix et vingt ans dans votre cave. Mais, comment s’y retrouver?

Trois critères entrent en jeu pour faire un vin de garde: l’acidité, les tannins et le taux de sucre. Avant toute chose, il est important de rappeler que les vins rouges se conservent mieux que les blancs. «C’est une question de conception au départ, explique Magali Rème, fondatrice du site Les Sommelières qui propose des cours d’œnologie et des activités d’oenotourisme. Pour les vins rouges, on garde la peau du raisin. C’est ce qui donne les tannins et c’est une donnée importante dans le processus de vieillissement.»

Seuls les vins blancs qui ont un fort taux de sucre pourront donc être conservés. Magali Rème remarque aussi que certaines années sont plus propices que d’autres à la production de vins de garde: «Une bonne année, ce sont des journées chaudes et ensoleillées suivies de nuits fraîches.» Elle poursuit: «Les bons millésimes diffèrent d'une région à l'autre, mais 2005, 2009 et 2010 sont considérées comme de bonnes années.»

Tout est dans les détails

Olivier Thienot, fondateur de l’Ecole du vin, distingue deux types de vin de garde: ceux que l’on décide de conserver et donc de «faire vieillir afin de développer ses arômes» et ceux qui sont produits pour être des vins de garde. En effet, certains cépages sont réputés pour permettre la production de ce type d’elixir. Mais d’autres critères entrent également en jeu comme le terroir sur lequel la vigne est cultivée et la volonté propre du viticulteur. Autant d’informations qui permettent de faire son choix. Olivier Thienot poursuit: «Pour être gardé, le vin doit avoir une structure particulière. Certains vins ne sont d’ailleurs pas très bons lorsqu’ils sont jeunes. Il doit également avoir une densité et une violence en lui, une structure qui va s’assouplir avec le temps.»

Pour Magali Rème, «choisir un grand cru est toujours un gage de qualité». Il faut pour cela se référer aux listes établies dans les différentes régions vinicoles et publiées par décrets. On peut également trouver des indications sur l’étiquette de la bouteille: les taux d’alcool et de sucre doivent être les plus élevés possibles pour favoriser une longue conservation.

Préférer un caviste à une grande surface

Magali Rème déconseille aussi d’acheter ses bouteilles à garder dans une grande surface: «La conservation est très importante, hors les vins de supermarchés sont parfois stockés dans des entrepôts qui subissent les variations de température, ce qui n’est pas bon pour le vin et peut altérer sa capacité à bien vieillir. Il est donc préférable de vous adresser à un caviste ou directement à un producteur qui, en plus, pourront vous fournir de précieux conseils.»

Le prix peut également vous aider à faire votre choix, explique Olivier Thienot: «Produire un vin de garde demande du temps et du savoir-faire. Les bouteilles premier prix ne se conserveront donc pas très longtemps. A partir de 12€, on trouve des choses intéressantes.» Maintenant que vous avez trouvé votre Graal, il vous faudra le mettre sous bon garde afin de le faire vieillir dans les meilleures conditions.